Après avoir mis EDF parre terre, les escrologistes peuvent-ils tuer TotalEnergies ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 24 février 2023 (numéro 1.176) : “ Société-Générale versus BNP Paribas : le match des banksters ”. Bonne lecture !!!

EDF, en passe d’être renationalisée à 100 % puisque l’Etat en détient désormais 96 % du capital et s’apprête à ramasser les quelques pourcents qu’il lui manque encore, a été très fortement fragilisée par le lobby scandaleux d’incompétents verts, du temps du gouvernement Jospin comme des gouvernements plus récents, Nicolas Hulot n’étant pas le dernier à participer à la curée. Avec un parc de presque une soixantaine de centrales nucléaires, EDF était en mesure de donner un énorme avantage compétitif à l’industrie française, via des prix de revient bas pour l’électricité, particulièrement bas. Avec beaucoup de difficultés, comme actuellement du fait du réacteur EPR de Flamanville, le groupe énergéticien avait réussi à faire fonctionner le surrégénérateur de Creys-Malville, il commençait tout juste à fonctionner lorsque, sans étude préalable, sans aucune réflexion autre que d’écouter ses alliés verdâtres, Lionel Jospin en a décidé l’arrêt d’exploitation puis le démantèlement. Je rappelle que les surrégénérateurs auraient pu, au nombre de deux ou trois, être une des solutions pour réutiliser les déchets du parc de centrales nucléaires, tout en produisant de l’Energie à bon compte ! On était dans le fantasme, certainement pas dans la prospective de moyen et de long termes.

Lorsque Elisabeth Borne, alors ministre et devenue depuis Première ministre a donné l’ordre d’arrêter les deux réacteurs de Fessenheim, elle a fait cocorico, son patron Emmanuel Macron s’en est réjoui… les 1.800 mégawatts de production de Fessenheim, une centrale qui avait été vérifiée et approuvée par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) pour une durée supplémentaire de dix ans ont fortement manqué au plus fort de la crise à l’été dernier et encore au début de cet automne.


TotalEnergies : cible du lobby escrologiste.

TotalEnergies c’est aujourd’hui la cible des escrologistes. Pour eux, les banques de TotalEnergies sont des coupables de crime contre le climat. C’est un peu comme pour la France Insoumise, plus c’est gros, plus ça crie, plus c’est censé passer. Pourtant, la réalité n’est pas véritablement celle-là. On parle beaucoup des profits de TotalEnergies, mais on oublie de préciser que le principal actionnaire de cette entreprise, c’est l’ensemble de ses salariés qui sont à presque 7 % du capital. Lorsque le groupe TotalEnergies achète sur le marché des actions qu’il annule ensuite, cela renforce le pourcentage et le poids politique de ses salariés et lui donne un actionnaire de référence qui remplace l’Etat, lequel s’est défaussé de ses participations naguère dans Elf et la Compagnie française des pétroles, devenue Total puis TotalEnergies. N’en déplaise à la CGT, lorsque Total décide d’augmenter de 69 centimes à 74 centimes son dividende trimestriel, ce sont les salariés actionnaires qui en bénéficient le plus. Au début du mois de février, le groupe a procédé à l’annulation de 128,9 millions d’actions autodétenues, ce qui a ramené le nombre des titres en circulation à 2,490 milliards environ. S’il y avait un système d’épargne en vue de la retraite via la capitalisation, il est évident que TotalEnergies serait l’un des principaux récipiendaires de ce genre d’investissement. On a beaucoup glosé sur les profits records de TotalEnergies pour l’année 2022. Ils ont été effectivement de 20,5 milliards de dollars soit une progression de 28 %.


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