Reprise d’entreprises & effets de levier.
LITTÉRATURE
C’est un livre d’ingénierie financière que nous vous proposons cette semaine. Pedro da Fonseca présente un mécanisme encore trop peu utilisé : les effets de levier. Savez-vous que 8 entreprises sur 10 sont en faillite avant les cinq premières années de création, contre 3 sur 10 en cas de reprise ? Au-delà de la plus grande sécurité apportée, elle est aussi financièrement plus attractive. Pourtant, 30 000 entreprises ferment chaque année, à défaut de repreneur. Comme avec l’immobilier il y a vingt ans, la reprise d’entreprises connaît un âge d’or, notamment grâce aux papy-boomers et à la crise post-Covid et permet d’investir et d’atteindre la liberté financière sans apport, sans aucune connaissance du secteur, et sans avoir besoin de crédit bancaire. Pedro da Fonseca rappelle que « 30 000 entreprises ferment chaque année faute de repreneurs. Au cours des 10 prochaines années, on s’attend à la fermeture de près de 800 000 entreprises, non pas parce qu’elles font faillite, mais parce qu’il n’y a pas de repreneurs. Pour autant, beaucoup de personnes passent par la création d’entreprise, alors que c’est la vallée de la mort. Donc, il est beaucoup plus simple de reprendre quelque chose qui existe. En plus, on peut reprendre une entreprise sans apport et sans crédit bancaire. On reprend quelque chose qui tourne déjà, avec des clients, des salariés et un vrai savoir-faire. On gagne de l’argent immédiatement. C’est tout l’intérêt de la reprise d’entreprise. L’idée, ce n’est pas d’être le nouveau gestionnaire, mais le chef d’orchestre. On doit être l’actionnaire repreneur pour orchestrer et donner une vision. Il faut ensuite trouver une personne, dans l’entreprise ou à l’extérieur, que l’on fait monter en compétences et qui sera un tampon entre l’actionnaire et les salariés. »
Pourtant, on a toujours le sentiment qu’il faut beaucoup d’argent pour pouvoir reprendre une entreprise. L’auteur propose de la reprendre à crédit, mais sans crédit bancaire, puisque le vendeur reçoit chaque mois une somme à partir de la trésorerie de l’entreprise : « Aujourd’hui, il y a plusieurs manières de se faire financer, sans passer par la banque, et j’insiste sur le crédit vendeur qui existe depuis la nuit des temps. C’est une manière de ne pas s’endetter réellement, peu importe le montant. On va chercher la trésorerie de l’entreprise à reprendre qui peut servir d’apport. Dans une reprise récente, c’est ce que nous avons fait avec les capitaux propres de l’entreprise, qui a servi d’apport, et le reste était un crédit vendeur sur sept ans. J’accompagne des centaines de repreneurs chaque année et c’est quelque chose qui fonctionne très bien. Il faut simplement faire rédiger cet échéancier de crédit par un avocat au moment de la cession. C’est toute la différence avec un crédit bancaire traditionnel où l’on est caution. Ma stratégie a toujours été la même depuis 2013 : reprendre une entreprise et ensuite faire des effets de levier dans l’immobilier. On récupère un taux d’endettement vis-à-vis de la banque et, ensuite, on peut racheter les locaux ou de l’immobilier, avant de revendre l’entreprise avec une plus-value, puis on conserve simplement l’immobilier avec les loyers tous les mois. »
Ce système a quand même mauvaise réputation, car, pour beaucoup, c’est du Bernard Tapie... Cependant, Pedro da Fonseca explique qu’il est possible de faire cela d’une manière éthique : « La différence, c’est que nous nous concentrons vraiment sur des entreprises saines, il n’est pas question de faire du dépeçage. À l’inverse de ce que faisait Bernard Tapie, il faut absolument garder intact l’écosystème, il ne faut rien changer au fonctionnement de l’entreprise. Il faut que l’entreprise reste intacte et qu’elle puisse tourner toute seule, avec quelqu’un de compétent. C’est pour cette raison qu’il faut que l’entreprise fasse au moins 500 000 euros de chiffre d’affaires avec quelques salariés qui font tourner la boîte. Bien entendu, on ne peut pas reprendre l’entreprise d’un artisan plombier qui fait tourner seul sa boîte. C’est aussi pour cela que l’on arrive à avoir plus facilement des crédits vendeurs, car nous voulons conserver l’œuvre du cédant. Il n’est pas question d’avoir du chômage en plus, il faut faire tout cela avec un bon état d’esprit. »
Nous avons demandé à Pedro da Fonseca quelques conseils avant de reprendre une entreprise : « Déjà, il ne faut pas partir sur des entreprises à moins de 500 000 euros, parce que ce sont souvent des coquilles vides. Les entreprises en difficulté sont aussi à éviter, parce qu’il faut les redresser et, avant de gagner de l’argent, il faut attendre deux à trois ans. Il faut surtout éviter de reprendre une entreprise lorsque le cédant est trop impliqué dans l’entreprise, car, quand on va le sortir, l’entreprise ne pourra pas tourner d’elle-même, même avec quelqu’un qui montera en compétences. Il est important que le cédant soit déjà à l’écart. » Dans ce contexte, un chef d’entreprise doit se préparer à en faire de moins en moins quelques années avant la cession : « Le cédant doit savoir valoriser son entreprise en créant des process sans qu’il soit là. Il faudrait vraiment qu’un boulanger puisse reprendre une carrosserie… Un enfant de cinq ans devrait pouvoir reprendre une entreprise ! D’ailleurs, quand nous reprenons une entreprise, c’est pour créer des process afin de valoriser davantage sa valeur. Un non connaisseur du métier devrait pouvoir reprendre une entreprise. » Finalement, la force d’une entreprise peut être aussi sa faiblesse : « Lorsque le dirigeant est trop important dans le fonctionnement d’une entreprise, celle-ci sera forcément moins bien évaluée. Face à cela, il doit faire monter quelqu’un en compétences, par exemple un salarié plus jeune, et il faut que les clients oublient le cédant. Le cédant ne doit être qu’un actionnaire à la fin. Donc, il est essentiel de trouver des compétences quand on veut préparer la vente d’une entreprise. »
Évoquons aussi l'importance de la marque car il y a le métier de l’entreprise et il y a la marque. Par exemple, si vous rachetez le réseau Carglass, il s'agit d'une marque très forte : « On peut calculer une valorisation de différentes manières. Il y a la façon dont le cédant va valoriser son entreprise. Il va souvent faire cela sur un futur, en disant que les potentiels de bénéfices sont importants, mais l’acheteur doit se concentrer sur le présent. Ce qui compte, c’est l’excédent brut d’exploitation qui est valorisé à deux ou trois fois. Ensuite, il faut voir s’il y a du cash-flow, c’est-à-dire si avec le crédit vendeur il y a une possibilité d’excédent de trésorerie. Il est inutile de faire des grandes valorisations en rajoutant des actifs, comme la marque, mais, ce qui compte, c’est que la trésorerie soit positive. »
« Reprise d’entreprises & effets de levier : La nouvelle opportunité pour investir dans l’immobilier et atteindre la liberté financière sans apport ni crédit bancaire. » de Pedro da Fonseca est en vente sur Amazon.
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