Une mairie rachète pour 100 euros un château abandonné depuis 70 ans
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
Xavier Elbaz, maire de Villedieu-sur-Indre (Indre) : « Nous ne souhaitons pas que ce château s’écroule. »
Laissé à l’abandon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le château de Villedieu-sur-Indre s’apprête à renaître. La municipalité a décidé de racheter cet édifice emblématique du village qui est en train de s’effondrer. Les propriétaires, des promoteurs étrangers, ont accepté de s’en séparer pour le prix symbolique de 100 €. Abandonné depuis 70 ans, l'édifice est aujourd’hui en ruine. Ce château a été construit au XIe siècle par les premiers seigneurs de Déols et de Châteauroux. Au début des années 2000, des promoteurs étrangers en avaient fait l’acquisition pour 2 390 € dans le but de le transformer en complexe hôtelier. Toutefois, en raison de la crise financière en 2008, la société qui devait le réhabiliter en hôtel a fait faillite. Au début de son mandat, Xavier Elbaz a proposé aux propriétaires d'acquérir le château pour la somme symbolique de 100 € et ils ont accepté. Le rachat par la municipalité n’est pas encore acté, mais il devrait l’être dans quelques semaines. Une importante étude va ensuite être menée afin de chiffrer le coût et la durée des travaux, mais aussi déterminer les priorités à effectuer. Le chantier devrait durer au moins 10 ans. La commune prévoit de faire appel à des partenaires institutionnels ainsi qu'à du mécénat privé. Elle compte également inscrire le monument au Loto du patrimoine.
L’Hebdo-Bourseplus : Qu’espérez-vous faire de ce château ?
Xavier Elbaz : La question se posera, mais pas aujourd’hui, car il faut d’abord répondre à une autre urgence. Cela fait 70 ans que ce château est à l’abandon. Il s’abîme de plus en plus et la toiture d’une tour s’est complètement écroulée il y a quelques semaines. Les propriétaires m’ont expliqué qu’ils ne souhaitaient rien faire de ce château, donc c’est un choix politique : soit on laisse le château s’écrouler, ce qui réglera le problème d’une manière définitive, c’est une possibilité ; soit on se dit que l’on ne peut pas laisser cet objet du patrimoine, qui est millénaire, puisqu’il est du XIe siècle, et qu’il faut lui trouver une nouvelle vie. À partir de là, nous devons trouver un porteur de projet privé. Mais, vu l’état du château, personne ne voudra s’engager dans de tels travaux, parce qu’aucun projet ne pourra être viable. Une collectivité peut investir sans attendre une rentabilité immédiate, c’est la différence avec le secteur privé. Donc, c’est la seule solution valable si l'on ne souhaite pas laisser le château s’écrouler. Effectivement, nous ne souhaitons pas que ce château s’écroule. Cela va peut-être prendre 10 ou 20 ans pour le restaurer, mais, si quelqu’un avait fait cela il y a 20 ou 30 ans, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui.
Vous êtes situés dans un triangle entre Bourges, Tours et Châtellerault. Ce château peut-il constituer un axe de développement touristique s’il devait être repris par un grand groupe de l’hôtellerie de luxe, par exemple ?
Je n’ai pas de projet, mais pourquoi pas... Dans une dizaine d’années, une telle activité pourrait être possible. Encore une fois, il n’y a aucune prise de contact et je n’ai aucun projet caché. Par exemple, le château est à l’entrée d’un golf magnifique de 18 trous. Nous sommes à 2 heures 30 de Paris en voiture, donc on peut tout imaginer, d’autant plus que nous sommes dans un cadre authentique. Il y a eu un projet dans les années 2000 pour en faire un hôtel de luxe, mais, avec la crise des subprimes, la boîte qui devait l’exploiter s’est effondrée et, depuis, il n’y a plus eu de projet. Nous avons l’un des plus beaux golfs de la région sans avoir une offre d’hébergement ou de restauration. Parallèlement, il y a une vraie volonté du département de l’Indre, tout comme du maire de Châteauroux, pour faire de notre région une terre d’événements. Il y a eu beaucoup d’événements nationaux et internationaux depuis 2014, on aura les Jeux olympiques, on a des événements qui attirent des milliers de personnes, mais on se rend compte que nous avons un manque d’hébergement. Quand il y a eu l’élection de Miss France, de grands dirigeants d’entreprises françaises, qui sont partenaires de l’événement, ont voulu venir, mais ils n’ont pas pu trouver d’hôtels dans le département. Il y a un manque d’hébergement aujourd’hui dans le département de l’Indre en raison de cette croissance de l’événementiel.
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