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Renaulution : la capitulation s'est signée a Londres.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 17 février 2023 (numéro 1.175) : “ Société-Générale versus BNP Paribas : le match des banksters ”. Bonne lecture !!!
Comment les analystes financiers peuvent désormais valoriser Renault ? C’est un mystère ! Lors de la présentation de la réorganisation capitalistique de ce qui fut longtemps appelé une alliance alors que dans les faits Renault était l’actionnaire principal de Nissan, on a pu voir, posant devant les photographes, Makoto Ushida (PDG de Nissan), Jean-Dominique Senard (président de l’alliance et de Renault Group), Takao Kato (directeur général de Mitsubishi) et Luca de Meo (directeur général de Renault). Ils étaient tout sourire. Pourtant, le suppositoire a été fort difficile à passer.
A la source des ennuis : Macron !
En effet, même si, depuis les tonitruantes aventures capitalistiques d’un ministre de l’Economie nommé Emmanuel Macron qui avait porté de 15 à 22 % la part de l’Etat dans le capital de Renault afin d’aboutir à l’obtention de droits de vote double en AG (loi Florange), chez Renault, on n’utilisait pas ces droits de vote pour diriger Nissan, suite à un accord de 2015. Cet accord, signé par Carlos Ghosn, c’était de la roulette russe avec six balles dans le barillet, mais Carlos Ghosn pensait qu’il avait toujours de l’influence à titre personnel… jusqu’à son arrestation tonitruante suite à un complot des dirigeants de l’époque de Nissan. Bien évidemment, cela a jeté plus qu’un froid. Carlos Ghosn évincé, il a fallu trouver un remplaçant quasi à l’instant, et l’Etat a récupéré Jean-Dominique Senard à cette fin, de manière à ce qu’il puisse essayer de recoller tout ce qui pouvait l’être.
Jean-Dominique Senard s’est mis dans la spécialité d’avaler des couleuvres, et s’est rendu systématiquement au conseil d’administration de Nissan, où il représentait Renault, n’ayant pourtant absolument rien à dire puisque, suite aux accords de 2015, il était obligé de fermer sa bouche et de n’intervenir sur aucun sujet. Après une direction générale transitoire de Thierry Bolloré, Jean-Dominique Senard s’est aperçu que l’ancien numéro 2 de Carlos Ghosn n’était pas du tout à la hauteur de job (depuis il est allé chez Jaguar-Land Rover et il vient d’en être viré), du coup, il est entré dans un processus de recrutement d’un nouveau directeur général, l’intérim étant assuré par la directrice financière, Mme Clothilde Delbos, qui fut excellente à ce poste d’ailleurs. Comme Clothilde Delbos était candidate à rester directrice générale de Renault, et qu’il lui fut préféré Luca de Meo, ancien patron de Seat, filiale du groupe Volkswagen, elle a été dans l’obligation, il y a quelques mois, d’en tirer toutes les conséquences et de quitter le groupe Renault. Il semble que pour le moment Renault soit dirigé avec des non-intérimaires, qu’il s’agisse de Senard ou de Meo, ils sont en poste pour une durée suffisamment longue pour pouvoir voir les conséquences de leurs décisions se réaliser sur le terrain, dans les garages et sur les routes.
Nissan a été surpris par les décisions récentes de Renault.