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Face au libéralisme, la France doit défendre l’esthétisme et le beau.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Frédéric Saint-Clair : « Il y a une puissance insoupçonnée dans le concept de beauté. »
Ancien conseiller du Premier ministre Dominique de Villepin, Frédéric Saint Clair est écrivain et politologue. Il publie « Comment sortir de l’impasse libérale ? Essai de philosophie politique civilisationnelle » aux éditions L’Harmattan.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous dénoncez l’impasse libérale. Avant d’aller au fond du sujet, il faudrait peut-être définir ce terme, car chacun l’interprète différemment. Ainsi, pour la majorité de nos compatriotes, le libéralisme est simplement un système économique permettant à des commerçants de commercer ou à des jeunes de créer leur propre entreprise…
Frédéric Saint-Clair : Il y a effectivement un malentendu libéral, car le terme libéral a largement parsemé l’histoire politique de l’Occident. En Angleterre, on distingue le libéralisme écossais d’un libéralisme anglais plus ancien, mais aussi d’un libéralisme allemand ou d’un libéralisme français. Dans le libéralisme français, il y a différentes écoles, tout comme dans le libéralisme américain. Aux États-Unis, un libéral est perçu comme quelqu’un qui est plutôt à gauche. De manière générale, la modernité est associée au libéralisme. Donc, cela ne veut rien dire que d’insinuer qu’un jour nous ne serons plus des libéraux, à moins de revenir à des temps anciens, comme au temps de l’Antiquité grecque. On restera moderne, on restera des libéraux, mais il y a eu des fractures importantes dans l’histoire du libéralisme. Aujourd’hui, on s’accorde à dire que la forme prise par le libéralisme dans notre pays, sous un angle politique et économique, se trouve dans une impasse. Dans le versant politique, le libéralisme signifie l’extension des libertés fondamentales pour les individus, donc de plus en plus de droits pour de plus en plus d’individus, et cela nous emmène vers le wokisme, avec un accroissement des revendications des différentes communautés sur notre sol, donc l’impossibilité de réguler correctement ces différentes cultures.
Comme le libéralisme est aussi associé à un droit de migrer, on est dans l’impossibilité de réguler l’immigration massive. Le fameux pacte de Marrakech est considéré comme un droit à migrer : on essaye de garder les populations chez elles, mais quand elles veulent migrer, on ne doit plus discuter de cela… Ce libéralisme percute nos cultures et nos civilisations. Ensuite, la volonté de commercer ou de créer son entreprise, c’est tout à fait louable, mais on n’a pas attendu le libéralisme et la modernité pour créer des entreprises et pour commercer. On n’a pas attendu le XVIIIe siècle - à savoir le libéralisme anglo-saxon - pour créer des richesses. Sino, nous n’aurions jamais eu les cathédrales ou le legs de la Grèce ancienne, de la Rome antique ou de la Chine impériale. Toutes les sociétés humaines se sont structurées autour d’un principe politique, les règles du vivre ensemble, mais aussi autour d’un principe économique. Donc, la question de la fabrication de la richesse et de l’élimination progressive de la pauvreté préexiste à la question libérale et survivra à l’époque libérale.
En opposition au libéralisme, les gens citent le communisme. Or, comme ils n'en veulent pas, ils réclament du libéralisme…
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