Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Les acheteurs surfent sur la crête

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Les semaines passent et se ressemblent. Les marchés restent orientés à la hausse mais des zones de résistance de plus en plus fortes commencent à apparaître sur la plupart des indices boursiers. A la Bourse de Paris, les valeurs du secteur du luxe et les bancaires continuent d’animer le bal des haussiers bien que leurs capitalisations respectives flirtent à nouveau avec la stratosphère. La hausse continue du coût du crédit ne semble guère inquiéter les acheteurs qui semblent croire toujours dans la poursuite d’une forte croissance des résultats de ces entreprises sur au moins une décennie si on en juge par leurs capitalisations boursières actuelles. Au cours de cette semaine, des décisions importantes des Banques Centrales relatives à leurs politiques monétaires respectives sont attendues par les marchés.

Comme toujours, la première à dégainer est la Réserve Fédérale américaine (ce mercredi soir au moment où je réalise cette analyse, ce n’est pas encore fait). Les analystes et les opérateurs sur les contrats indiciels attendent quelque chose comme 0,25% de relèvement et 0,50% pour la BCE. Cela placerait les taux directeurs outre-Atlantique dans la fourchette 4,50% - 4,75%, sachant que l’objectif final devrait être au-dessus des 5,50% d’ici quelques mois. Il resterait grosso modo 1% de hausse supplémentaire à administrer à l’économie américaine dont le rôle de locomotive de la consommation pour le reste du Monde n’est plus à démontrer. Pour faire simple, disons que les taux obligataires du secteur public devraient tôt ou tard s’aligner sur cet objectif, voire un peu au-dessus sachant que les responsables du FOMC (les administrateurs de la Fed) ont déjà fait savoir à plusieurs reprises que les taux directeurs seraient maintenus à ce niveau pendant longtemps et tant que l’inflation ne serait pas revenue dans la zone des 2% ! Autant vous dire qu’il y a encore du boulot.

En corollaire, les autres marchés obligataires, comme les OAT français, les Bunds allemands et surtout les Gilts anglais auraient du mal à trouver preneurs lors des futures adjudications sans un relèvement supplémentaire et substantiel de leurs rendements. Dans ces conditions, les investissements en actions pourraient se réduire comme peau de chagrin, car les investisseurs finaux préfèreraient de loin des obligations rapportant plus de 6% dans de nombreux pays. Autre conséquence attendue, plusieurs Etats trouveraient des difficultés à boucler leurs budgets sachant que la facture des services de leurs dettes abyssales finirait par dépasser toutes les prévisions comptabilisées. Il est clair qu’aujourd’hui, toutes ces conséquences potentielles très négatives ne sont pas du tout intégrées par les marchés financiers qui capitalisent les mêmes niveaux que lorsque les taux étaient encore à zéro voir négatifs. Le signal de retournement baissier majeur devrait probablement venir de la prise de conscience collective des intervenants sur les conséquences à terme des niveaux de taux très élevés maintenus sur une longue durée. Techniquement, l’indice Cac 40 tente encore de repartir à l’assaut de ses records historiques de 7.385 points avec des gros intervenants défendant bec et ongles le support de 7.100 points que les vendeurs à découvert semblent attaquer de plus en plus fortement.

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