Russie-Ukraine : un an de guerre et de mensonges économiques.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 10 février 2023 (numéro 1.174) : “ Renaulution : la capitulation se signe à Tokyo ”. Bonne lecture !!!

L’idée de cette étude n’est pas de démêler entre les différentes options russes ou ukrainiennes, mais de combattre le bobardement incessant qui vous accable. Bobards ? C’est le cas de l’inflation “ née de la guerre “ notamment. L’huile de tournesol est à +50% chez votre distributeur alors que de fin janvier 2022 à la fin de janvier 2023, le cours de la tonne d’huile a reculé de -17%. Sur la même période, le pétrole WTI est à -12,1% et le Brent à -8%, le pétrole russe étant à -38%. Ce sont des chiffres réels, pas des infox.


Vendre des armes : dividendes de la guerre.


L’Ukraine est dans la main du système militaro-industriel nord-américain, qui en profite pour vendre des armes au profit du belligérant ukrainien mais aussi au profit de ses voisins, comme l’Allemagne qui a acheté des F-35 et qui multiplient les commandes de missiles et autres systèmes d’armement de protection à l’Amérique du Nord. Il en est de même pour la Pologne et, dans une moindre mesure, pour tout un tas d’autres pays de la zone. Il ne faut pas oublier que la conséquence première de la guerre russo-ukrainienne a été la demande d’adhésion à l’OTAN de la part de la Finlande et de la Suède, pays qui sont actuellement membres de l’UE mais qui n’étaient pas membres de l’organisation militaire intégrée dite « Alliance Atlantique ». Même si le vieux proverbe « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » s’applique également à la Turquie, l’un des grands bénéficiaires du conflit, même si sa situation économique est toujours délicate, c’est la Turquie qui sert de plaque tournante pour les trafics à destination de la Russie afin d’en détourner les sanctions. Historiquement, la Russie, la Russie blanche et l’Ukraine ont toujours été mêlées, jusqu’à la période de l’effondrement de l’empire russe, et de la formation de l’Union soviétique. Lors de la guerre civile russe qui dura de 1917 à 1923, l’Ukraine chercha son indépendance et fut vaincue par la Russie soviétique, qui organisa une famine désastreuse avec 2 ou 3 millions de morts au début des années 1930. L’actuelle Russie est considérée pour beaucoup de membres des élites moscovites comme étant l’héritière de l’ancien empire russe qui, ne l’oublions pas, régnait sur la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et l’essentiel de l’actuel territoire de la Pologne, en plus de la Bessarabie (Moldavie) et d’une partie du Caucase qui est aujourd’hui dans la Turquie moderne.


L’économie russe moins impactée que celle de l’Ukraine en 2022.

En 2022, même si les chiffres ne sont pas connus pour leur totalité, on peut considérer que le PIB de l’Ukraine a reculé de 20 à 25 %, du fait de la guerre bien évidemment et de la mobilisation d’une partie importante de la force masculine de travail, mais aussi du fait du départ de 5 à 5,5 millions de réfugiés qui sont venus s’installer en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie et dans d’autres pays de l’Europe occidentale (environ 120.000 en France). La production agricole ukrainienne a reculé d’un quart à un tiers sur les zones conservées sous le contrôle de l’actuelle Ukraine et se trouve être divisée par deux ou davantage pour ce qui concerne les zones sous contrôle des régions sécessionnistes et qui sont zones de combats. En 1945, lors de la création de l’Organisation des Nations Unies, l’URSS a créé une Ukraine fictionnellement indépendante puisque l’Ukraine a eu un siège à l’ONU tout comme la Biélorussie et l’Union soviétique. Cela faisait trois sièges pour le prix d’un. L’Union soviétique bénéficiait de surcroît d’un siège de membre permanent du Conseil de sécurité, mais dans l’AG, elle disposait de trois voix. La Crimée, péninsule peu peuplée mais stratégiquement bien placée, fut réunie à l’Ukraine dans les années 1950 après la mort de Staline, il s’agit pourtant d’une terre historiquement russe, on pourrait même dire moscovite, puisque ce sont les tsars qui ont conquis cette péninsule face à l’empire ottoman qui l’avait lui-même conquise contre l’empire byzantin. Il ne faut pas oublier que d’un point de vue russe, on se sent aussi ukrainien qu’un Ukrainien de Kiev puisque la Russie occidentale faisait partie, de longue date, de la Rous de Kiev, un vaste espace qui allait de la partie orientale des Carpates vers les grands lacs du nord à la limite de la Finlande. Avant la Première Guerre mondiale, il y a tout juste un siècle, une partie de l’Ukraine faisait partie de l’empire austro-hongrois, une autre partie de l’empire russe.

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