Entretien avec le député qui fait trembler la grande distribution.

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Richard Ramos, député MoDem du Loiret : « Nous allons travailler sur un texte qui ne permettra plus des concentrations de supermarchés. »

Richard Ramos, député MoDem du Loiret, est l’un des initiateurs de la loi Descrozaille, votée la semaine dernière à l’Assemblée nationale. Dans son intervention, il s’est montré très sévère à l’encontre de Michel-Edouard Leclerc, dénonçant ses « agissements » envers les producteurs. Évoquant la centrale d’achat en Belgique, pour des distributeurs essentiellement présents en France, Richard Ramos a notamment déclaré que l’enseigne « détourne l’argent des Français » et que Michel-Edouard Leclerc « fait crever nos agriculteurs et nos entreprises alimentaires » à force de « négociations commerciales agressives ».

Concrètement, l’article 3, dans sa première version, imposait le tarif du fournisseur à l’enseigne en cas de désaccord sur le prix au 1er mars, mais les distributeurs sont montés au créneau dans une déclaration commune pour dénoncer des risques d’inflation supplémentaire en cas d’adoption de ce texte. Finalement, ils ont été entendus et le tarif du fournisseur ne s’appliquera plus de manière unilatérale : « En l’absence de conclusion de la convention écrite ou d’un accord fixant les conditions d’un préavis à l’expiration d’un délai d’un mois, les parties ne sont plus liées entre elles par aucune obligation ». Les relations commerciales seraient donc rompues sans obligation de livraison. Dans cette nouvelle loi, Richard Ramos oblige également les distributeurs à ne plus utiliser leurs filiales à l’étranger pour contourner la loi ou détourner les taxes et impôts dus en France. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Pour quelles raisons avez-vous été aussi sévère à l’égard de Michel-Édouard Leclerc à l’Assemblée nationale la semaine dernière ?

Richard Ramos : Il y a quelque chose qui est injuste et je n’aime pas l’injustice. Nous avons en France 440 000 travailleurs dans nos PME et nos industries agroalimentaires. Cela représente 17 000 entreprises, face à seulement 6 acheteurs, et Michel-Édouard Leclerc est le plus gros de ces acheteurs. Il y avait donc un déséquilibre commercial au moment de ce que l’on appelle les box de négociation, lorsque chaque entreprise vient vendre ses produits, Michel-Édouard Leclerc étrangle les prix afin de faire des bénéfices et, derrière, ce sont des emplois et nos paysans qui n’arrivent plus à vivre.


Lorsque l'on découvre ce sujet, on apprend que les pressions psychologiques sont énormes. On fait attendre les gens pendant plusieurs heures, on les fait rentrer, on les fait ressortir... Il y a véritablement une volonté d’intimidation vis-à-vis des vendeurs…

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