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Les vendeurs se font plus pressants
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
L’un des plus influents banksters américains, JP Morgan, vient de publier une analyse très négative sur les marchés actions en général. En toute modestie, ses arguments ne sont pas très éloignés des miens et que vous avez pu lire ici ou sur ma rubrique dans la Lettre La Bourse depuis quelques semaines. Se déclarant « carrément négatif », son stratège en chef annonce que la Banque a réduit fortement son exposition aux actions, se préparant ainsi à une forte correction à venir, d’au moins 10 %. Selon son raisonnement, « les fondamentaux se détériorent pendant que le marché progresse. Il faut donc que cela se heurte à un moment ou à un autre ». Il pense que le marché n’évalue pas actuellement une récession alors que les taux courts continuent de monter. Il envisage dans ces conditions un scénario d’atterrissage brutal de l’économie US, provoquée par une baisse de la consommation des ménages avec la forte hausse du coût du crédit.
Sur le plan technique, les grands indices classiques se trouvent actuellement très proches de leurs niveaux des records historiques respectifs, mis à part le Nasdaq. A court terme, la tentation de les voir battre de nouveaux records pour créer un climat euphorique fort et général chez les investisseurs est très présente chez les gros intervenants qui ont intérêt à aller dans ce sens. En ce qui concerne la Bourse de Paris, les grands opérateurs semblent plus précisément enclins à défendre coûte que coûte le seuil symbolique des 7.000 points pour éviter de décourager les acheteurs finaux actuels. Les volumes d’échanges se font plus nourris sur les contrats sur indice à l’approche de ce niveau. En corollaire, cela signifie qu’en cas de cassure de ce seuil psychologique, il est fort probable de voir les vendeurs à découvert reprendre du poil de la bête et revenir massivement à la charge. A contrario, en cas de mise en déroute de ces derniers qui sont déjà de plus en plus engagés pour tenter de tirer profit de la surévaluation des indices, les rachats forcés de leurs positions fourniraient le carburant qui manque actuellement pour battre effectivement de nouveaux records historiques. En tous cas, la bataille fait déjà rage entre les acheteurs cherchant à défendre les 7.000 points et les vendeurs désireux de faire plier les cours pour en tirer des bénéfices rapides.
Sur le plan international, la situation est d’autant plus indécise que l’indice Nasdaq et les grandes valeurs technologiques restent à l’écart de la remontée générale vers la zone des records. La distorsion est de plus en plus forte entre les valeurs classiques et les technologiques, exactement à l’envers de ce qui se passait il y a quelques années lorsque les investisseurs n’avaient d’yeux que pour les Gafams et les start-up. Est-ce simplement un juste retour des choses et un rééquilibrage des valorisations entre les deux types de valeurs ? Que se passerait-il alors si ces dernières se remettaient à baisser à nouveau ? Entraineraient-elles les valeurs traditionnelles dans leur sillage ? Enfin, quelles conséquences pour l’économie réelle en cas de forte baisse des actions ? Le véritable danger serait d’entrer dans un cercle vicieux provoqué soit directement par la récession, soit par la baisse des marchés d’abord, puis les deux s’entretenant les uns les autres. Dans tous les cas, ce qui parait évident aujourd’hui, c’est que les marchés des actions sont en moyenne très surévalués, bien que l’on puisse encore trouver quelques valeurs ayant un peu de marge de progression.
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