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Le logement et la voiture sont devenus un luxe...
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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Marc Le Fur, député LR des Côtes-d’Armor : « Les enfants de ceux qui avaient une maison et une voiture n’auront peut-être plus cette possibilité demain. »
Marc Le Fur, député LR des Côtes-d'Armor, dénonce l’inflation structurelle liée à la multiplication des lois et des normes. Il estime que les décisions de nos gouvernants conduisent à une baisse de pouvoir d’achat et il prend l’exemple du logement et de la voiture.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous constatez que l’excès de normes, notamment environnementales, commence à avoir des conséquences graves sur une partie de la population. Quelle est votre analyse ?
Marc Le Fur : On assiste actuellement à un effondrement du pouvoir d’achat de nos concitoyens qui est très spectaculaire. Cela se voit dans bien des domaines, notamment alimentaires et il suffit d’échanger avec les responsables des grandes surfaces qui sont très observateurs de notre société. On le voit également dans deux domaines : la voiture et la maison. Hier encore, des personnes avec un revenu moyen, même modeste, pouvaient accéder à la propriété et la voiture était un bien partagé par beaucoup de familles. Dans le monde rural, il faut une voiture pour Monsieur et Madame, il faut même une troisième voiture quand on a de jeunes adultes à la maison. Ce sont souvent des voitures d’occasion, mais elles ont le mérite de permettre une certaine liberté à ceux qui peuvent les utiliser. Or, on constate, aussi bien pour la maison que pour la voiture, que ces biens hier ordinaires, partagés par beaucoup de gens, sont en train de devenir des biens de luxe. C’est très spectaculaire pour la voiture et ce sera encore plus net si, demain, on nous impose la voiture électrique. Cela devient très cher.
En plus, les obligations de contrôle technique sont perçues par nos concitoyens les plus modestes comme une vraie difficulté. Le contrôle technique est vécu comme une angoisse : leur vieille voiture n’est peut-être pas parfaite, mais si leur voiture est rejetée au contrôle technique, ils ne savent pas quoi faire. Le prix des voitures neuves est devenu très élevé, mais aussi le prix des voitures d’occasion. Quand on vend une voiture neuve, il faut savoir que l’on vend neuf voitures d'occasion car la plupart de nos compatriotes achètent des voitures d’occasion dont le prix monte, tout simplement parce que les gens hésitent à acheter des voitures neuves. On voit également cela dans le domaine de la maison. Il n’y a encore pas si longtemps, Jean-Louis Borloo, quand il était au gouvernement, prônait la maison à 100 000 €. Aujourd’hui, une maison très ordinaire est au minimum à 140 000 €, hors prix du terrain.
Tout cela parce que les matériaux sont devenus plus chers, certes on ne peut pas faire grand-chose mais, en plus, les normes ont renchéri le prix des maisons. Les normes sont adaptées à des gens qui ont des moyens, mais elles ne sont pas adaptées à des gens modestes. La norme chasse le petit, c’est une donnée favorable à ceux qui ont les moyens de l’assumer. On observe cela partout. Une autre règle est en train de renchérir terriblement le prix de la construction, c’est le zéro artificialisation nette : ce qui signifie que l’on ne peut plus construire. Tout cela pour protéger les sols. Je peux concevoir ce type de règle dans des agglomérations très denses, mais cette règle s’applique maintenant sur l’ensemble du territoire français. Dans ma Bretagne intérieure, j’ai des maires qui souhaiteraient construire mais qui ne peuvent pas construire, parce que cette réglementation absurde les en empêche. Il y a du terrain, de l’espace, et peu de terrains constructibles. Dans ce contexte, on prive l’ouvrier qui travaille dans l’usine d’à côté de la possibilité de construire. On lui demande d’habiter dans des immeubles avec des étages, mais ce n’est pas la demande sociale.