Sortir de l’Europe : les arguments d’un entrepreneur basé en Allemagne.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Alain Falento : « La dégradation des conditions de vie peut générer un sursaut. »

Alain Falento est entrepreneur et conseiller économique. Il est basé en Allemagne et il vient de publier un livre dans lequel il explique que « si nous ne prenons pas collectivement conscience de l’état critique de la situation, en sortant de l’Union européenne et de l’euro, nous allons entériner la disparition d’un pays vieux de 1500 ans ». « Sortir de l’Europe, question de vie ou de mort » d’Alain Falento est publié aux Éditions Riposte Laïque.


L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi pensez-vous qu’une sortie de l’Europe constitue, plus que jamais, une opportunité pour notre pays ?

Alain Falento : C’est maintenant ou jamais. Toutes les conditions commencent à être réunies pour que la population prenne conscience du lien qu’il y a entre notre appartenance à l’Union européenne et la dégradation de nos conditions de vie. Nous rentrons dans une période où il y aura probablement une récession, une inflation, une dégradation de notre niveau de vie comme on ne l’a jamais vue depuis des décennies. Pour la première fois, toute une frange de la population, particulièrement les cadres et les retraités, qui sont Maastrichiens par nature, va voir son niveau de vie baisser fortement. Donc, ces gens vont changer d’avis sur notre appartenance à la structure européenne.


À l’inverse, certains peuvent estimer que si cela ne marche pas, c'est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe et qu’il faut donc encore plus d’Europe…

C’est ce que l’on nous a déjà dit il y a vingt ans. La construction européenne s’est faite en plusieurs phases, avec des promesses, comme la croissance perpétuelle, la paix et la sécurité, la garantie de l’emploi. Mais, très rapidement, on s’est aperçu que tout cela ne marchait pas. Les emplois industriels ont été détruits avec la mise en place de l’euro. J’ai terminé mes études en l’an 2000 et nos professeurs d’économie à l’université nous expliquaient déjà que cela ne marcherait pas. On nous a dit que cela ne marchait pas parce qu’il n’y avait pas assez d’Europe, alors on a continué l’intégration européenne. Mais depuis le traité de Lisbonne en 2005, toutes les structures juridiques et institutionnelles sont en place. Il faut quand même se rendre compte que chaque État américain a plus d’indépendance vis-à-vis de l’État central que la France peut en avoir vis-à-vis de l’Europe. Donc, c’est un argument qui ne passe plus. Ensuite, il y a eu la phase religieuse : ne pas croire en l’Europe, c’est aller contre le sens de l’histoire... Tout cela ne passe plus, parce que les gens vont vite changer d’avis quand ils vont recevoir leur facture d’électricité ou de gaz. L’ultime phase, ce sont les menaces. On nous explique que les traités ont été signés, qu’aucune décision démocratique ne peut aller contre les traités, c’est comme ça et puis c’est tout... Voilà où nous en sommes aujourd’hui.

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