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Elior : le redressement est bien entamé.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 décembre 2022 (numéro 1.164) : “ Les bonnes surprises du troisième trimestre, fin ”. Bonne lecture !!!
Elior Group est un concurrent de Sodexo de taille moyenne à l’échelle internationale, mais de taille significative à l’échelle française et européenne. Le groupe assure la gestion de restaurants situés dans les entreprises et les administrations (un gros tiers du CA), dans les établissements d’enseignement (un petit tiers), dans des établissements de soin et les maisons de retraite (un petit tiers également). En plus des cantines, le groupe propose des services associés tels que le nettoyage, le gardiennage, la maintenance… Même si c’est à la mode, le groupe affiche offrir une cuisine saine, savoureuse et responsable… ce qui n’est pas une mince affaire avec l’augmentation forte des matières premières alimentaires.
L’entreprise a un exercice qui se termine le 30 septembre 2022 et elle vient de publier ses résultats non audités. Le rebond est spectaculaire en ce qui concerne l’activité puisque le CA a été de 4,45 milliards d’euros contre 3,69 milliards pour l’exercice précédent terminé le 30 septembre 2021, c’est environ 200 millions d’euros de plus que ce qui était attendu, en moyenne, par les analystes financiers. L’entreprise a connu une croissance organique de +18,3 % dont +9,8 % qui provient du développement commercial. Au T4, le CA est remonté à 95 % par rapport à celui de 2018-2019, préCovid. Comme je l’avais indiqué à plusieurs reprises dans des études précédentes, publiées dans La Lettre La Bourse ou dans des réponses à des questions d’actionnaires d’Elior.
Les clients sont mieux fidélisés.
L’entreprise a confirmé qu’elle avait un taux de rétention en forte amélioration. C’est quoi le taux de rétention ? Il s’agit tout simplement du renouvellement du contrat à l’échéance. Dans la période inflationniste actuelle, celles et ceux qui sont en mesure de faire des offres inférieures en tarification disparaissent progressivement, car la qualité n’est plus au rendez-vous. De ce fait, alors que le taux de rétention était de 91,4 % il y a un an, il est monté à 93,2 % au 30 septembre 2022. C’est intéressant car cela permet de récupérer de la croissance, tout simplement parce que les contrats nouveaux liés au développement commercial s’ajoutent et ne remplacent pas les contrats qui ont été abandonnés. Ce qui est intéressant c’est que les nouveaux contrats qui ont été signés pour l’exercice 2021-2022 offrent une marge opérationnelle ajustée (EBITA) de 4,6 %, ce qui est plutôt sain et prometteur pour l’avenir. Nette des abandons de services dans le cadre des non-renouvellements, la croissance liée au développement commercial a été de 108 millions d’euros pour l’exercice 2021-2022. L’entreprise sort un résultat opérationnel ajusté du groupe assez proche de l’équilibre avec une perte de 6 millions d’euros seulement. Bien sûr, ce chiffre exclut les pertes de Preferred Meals aux Etats-Unis (cette activité industrielle a été arrêtée), mais c’est une amélioration sensible puisque le chiffre était déficitaire de 19 millions d’euros l’an dernier sur cette même base.
Le BFR en hausse a fait légèrement monter l’endettement.