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Un maire souhaite interdire la chasse à la carabine dans son village.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Christian Mounier, maire de Cheval-Blanc (Vaucluse) : « J’imagine que dans un rayon assez proche du cœur du village, il n’y ait plus de chasse à la carabine et que l’on impose des miradors. »
Christian Mounier souhaite lancer une réflexion sur l’utilisation de la carabine par les chasseurs dans sa commune de Cheval-Blanc, afin de « réduire le danger face à l’utilisation des armes de guerre ». Il répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont conduit à prendre cette position, alors que vous êtes élu d’un territoire rural où il y a quand même de nombreux chasseurs ?
Christian Mounier : Je ne suis surtout pas un anti-chasse, car je considère que les chasseurs font beaucoup plus de bien que de mal, mais ils doivent évoluer avec la société. On a bien vu pendant la crise sanitaire que les gens avaient besoin d’espaces et de lieux pour s’oxygéner. Avant, on pouvait construire sur 1000 ou 1500 mètres carrés. Aujourd’hui, c’est totalement différent car, avec la loi SRU, mais aussi la loi ALUR, on ne peut plus construire sur des surfaces aussi importantes, on doit concentrer l’habitat et réduire la consommation des espaces. Finalement, on ne pourra plus consommer d’espaces agricoles et, si l'on veut loger nos jeunes et nos moins jeunes dans nos villages, il va falloir monter sur les étages. Comme on n’a plus d’espace à domicile, avec de grands jardins, il faut bien avoir des lieux où l’on puisse aller se promener. Dans ce contexte, je considère que le dimanche après-midi devrait être un jour sans chasse. Après, quand on tire en l’air, je ne pense pas qu’il y ait trop de risques, donc il est inutile d’interdire cela, même si le risque zéro n’existe pas. Mais en tout cas, en ce qui concerne les battues, il serait bien qu’elles ne puissent plus se dérouler le dimanche après-midi.
Comment votre proposition est-elle accueillie par les chasseurs ?
Je suis surpris par la bienveillance des chasseurs. D’abord, beaucoup de chasseurs me disent que j’ai raison lorsque j’évoque l’utilisation des carabines. Pour moi, une carabine, c’est quand même une arme de guerre, ce n’est pas un fusil. Or les chasseurs me disent qu’on leur a quasiment imposé de chasser à la carabine, mais qu’ils ne sont pas du tout opposés à l’idée de revenir au fusil et à la chevrotine. Certains me disent qu’il est plus dangereux de chasser à la chevrotine car, avec les ricochets, c’est plus dangereux. Je suis dans un village où il y a des battues qui se déroulent à un kilomètre d’un complexe sportif où il y a beaucoup d’activités, avec des enfants et des adultes le week-end, donc je suis assez inquiet par rapport à la portée de ces carabines. Aussi j’envisage, en concertation avec les chasseurs et les élus, de réfléchir sur ces sujets. Nous ne sommes pas dans l’urgence, il faut prendre le temps de parler et d’échanger. Mais j’imagine que dans un rayon assez proche du cœur du village, il n’y ait plus de chasse à la carabine et que l’on impose des miradors. Quand vous êtes sur un mirador, on sait déjà que la personne ne bouge pas et on sait que le tir sera dirigé vers le sol.
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