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Troisième trimestre (T3) : les surprises, bonnes, médiocres ou mauvaises.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 18 novembre 2022 (numéro 1.162) : “ Les bonnes surprises du troisième trimestre, fin ”. Bonne lecture !!!
Veolia Environnement, du fait de la prise de contrôle de Suez, avait, boursièrement parlant, démarré l’année en fanfare, avec des cours supérieurs à 33 euros. Cela n’a pas duré ! Ponctuellement, il y a quelques semaines, le titre s’est affaissé par étapes, pour tomber à un moment légèrement sous 19 euros. Pourtant, les chiffres qui ont été publiés au début du mois de novembre concernant l’activité des neuf premiers mois de l’année 2022 sont particulièrement bons. La société a révisé à la hausse ses objectifs de résultat avant impôts et amortissements (EBITDA) pour 2022. A change et à périmètre constants, la croissance organique de l’EBITDA est désormais anticipée entre +4 et +6 %.
Plutôt en haut de la fourchette donc, ce qui est quand même réconfortant. L’entreprise qui a pris le contrôle de l’essentiel du groupe Suez n’était pas une entreprise en perdition, puisqu’il y a une forte croissance organique du CA. Le résultat net courant part du groupe est attendu autour de 1,1 milliard d’euros soit une hausse de plus de 20 %, même s’il y a eu une importante augmentation de capital nécessaire pour financer en partie l’acquisition de Suez, le résultat net courant par action sera en hausse d’environ 10 %. L’entreprise maîtrise son endettement, au 20 septembre 2022, l’endettement financier net était de 22,154 milliards d’euros soit 351 millions d’euros de moins en trois mois. Veolia Environnement s’attend à des économies de coûts supérieures à 350 millions d’euros en année pleine, il s’y ajoutera environ 100 millions d’euros de synergies pour la première année d’intégration de Suez.
Réduction de coûts.
Le programme de réduction de coûts contribue de façon essentielle à l’augmentation de l’EBITDA, qui est en croissance de 5,2 % à périmètre et à taux de change constants sur les neuf premiers mois de l’année 2022. Même si le groupe n’a pas révisé à la hausse ses objectifs de synergies, il est notable de constater que ce qui était visé en année pleine (100 millions d’euros) est presque déjà constaté au 30 septembre 2019 (98 millions). Bien évidemment, l’activité a été dopée par l’acquisition de Suez, qui apporte un CA supplémentaire de 7,128 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année ce qui a porté le CA cumulé de la nouvelle structure à 30,713 milliards. Il est évident qu’Estelle Brachlianoff, nouvelle directrice générale du groupe, a mis ses pieds dans les chaussons douillets légués par Antoine Frérot, mais ce qui est très intéressant, c’est de voir qu’après une OPA qui a été tumultueuse dans sa phase de préparation, la réalisation se fait dans d’excellentes conditions.
Fort de plusieurs décennies de contrats avec les municipalités, le groupe bénéficie d’un système d’indexation tarifaire bien rodé ce qui lui permet d’absorber la hausse de ses coûts en la répercutant auprès de la clientèle. Il en est de même pour les clients industriels. Cela permet à Veolia Environnement de se retrouver dans une situation plus favorable que pour d’autres entreprises de plus petites dimensions. Il ne serait pas invraisemblable que Veolia, dans les années à venir, récupère des activités actuellement sous régime municipal, qui n’ont pas la dimension permettant d’absorber les coûts qui grimpent. La baisse de l’action Veolia Environnement était totalement injustifiée, il y a eu reprise, on est désormais de nouveau légèrement au-dessus de 24 euros, cela n’est pas excessif. L’entreprise est en mesure d’augmenter de façon significative les dividendes d’années en années, je m’attends à un coupon compris entre 1,05 et 1,10 euro au titre de 2023. On a abandonné le temps ancien de Henri Proglio où Veolia faisait n’importe quoi et empruntait de l’argent pour pouvoir payer son dividende annuel.