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Les marchés actent la hausse des taux à leur façon
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La Réserve Fédérale américaine vient de relever une nouvelle fois ses taux directeurs de 0,75%, ce qui les ramène désormais dans la fourchette de 3,75 % à 4 %. Depuis le mois de mars, les hausses cumulatives atteignent à présent 3,75 % au total. C’est beaucoup, c’est énorme d’un point de vue historique. Malgré la correction des marchés par rapport à leurs points hauts de début d’année, on peut dire qu’ils ont plutôt bien encaissé ce traitement de choc. L’idée dominante actuellement chez les intervenants consiste à penser que la phase de rattrapage de l’inflation par les Banques Centrales serait terminée. Le rythme des prochains relèvements des taux devrait ralentir sachant que l’inflation elle-même ralentit tout en restant à un niveau élevé. Sur le plan des entreprises cotées qui représentent in fine le cœur de la Bourse, elles ont pour le moment bien résisté au double choc économique récession-inflation si on en juge par les derniers résultats trimestriels publiés récemment ou en cours de publication.
Dans ce cas, on peut comprendre que les gérants de portefeuille et des fonds de pension se remettent à acheter. Cette confiance dans les marchés est renforcée par le fait que les banques commerciales n’ont pour le moment pas encore souffert de la récession ni de l’inflation. Cependant, les méfaits de la stagflation peuvent se ressentir dans l’économie réelle avec beaucoup de retard, particulièrement après un long cycle de croissance qui a permis aux entreprises et aux banques de se faire des réserves conséquentes de liquidités. C’est le nerf de la guerre. Les fortes baisses des marchés interviennent toujours à la suite d’un manque brutal de liquidités touchant un gros acteur des marchés, soit une banque, une institution financière, un fonds d’investissement ou un Etat souverain.
Or, avec cette série de hausse des taux qui se propage aux marchés de la dette, le paiement de la charge des emprunts va bien finir par poser problème chez les acteurs les plus fragiles. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 se trouve actuellement au contact de la ligne de résistance du canal baissier majeur passant autour de 6.380 points. Elle est même légèrement débordée en séance de ce mercredi 2 novembre, le jour de réalisation de cette analyse. Pourrait-il s’échapper par le haut malgré tout ? Cela serait possible s’il y a trop de positions vendeuses à découvert à dénouer sachant que la soif acheteuse des gérants institutionnels est bien réelle. La tentation de spéculer sur un marché plutôt mûr pour tenter de sauver une année boursière perdante est très forte. On notera toutefois que la remontée actuelle des marchés est menée par le Dow Jones et ses grosses capitalisations industrielles. En France, ce sont les valeurs du secteur du luxe qui mènent la danse. A l’inverse, les grandes valeurs du Nasdaq continuent de souffrir en raison de leur grande sensibilité à la hausse des taux et à l’inflation des salaires. Après tout, une certaine logique règne actuellement sur les marchés boursiers, celle du transfert des capitaux des valeurs du numérique vers les classiques de l’industrie.
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