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La présidente du mouvement patronal Ethic souhaite réconcilier les Français avec l’entreprise et le travail.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Sophie de Menthon : « Il faut absolument que nous nous reprenions en main. »
Sophie de Menthon est connue pour ses nombreuses interventions médiatiques. Elle préside le mouvement patronal Ethic (Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance). Ethic plaide pour une meilleure intégration de l’individu dans l’entreprise, au moyen d’une charte Ethic. Cette structure participe également au comité éthique du Medef. Comme chaque année à la même période, Sophie de Menthon a organisé le 20 octobre dernier la journée « J’aime ma boîte », dont l’objectif est de faire reconnaître l’entreprise comme un lieu de vie et d’échanges, surtout au moment où le télétravail a pour effet d'étouffer le lien social.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez organisé le 20 octobre dernier la fête annuelle des entreprises à travers l’opération « J’aime ma boîte ». Il y a régulièrement des études qui sont faites sur l’attachement des Français à leur entreprise, ou à la valeur travail. Toutefois, on observe cette année une désaffection des Français à l’égard du travail, avec une tendance à la démission ou à en faire le moins possible. Qu’en pensez-vous ?
Sophie de Menthon : Je suis partagée. Je suis effectivement à l’origine de « J’aime ma boîte », mais ce sont les Français qui organisent maintenant cet événement le troisième jeudi d’octobre. Heureusement que cet événement nous échappe ! La réalité, c’est que les Français aiment toujours leur entreprise. Il y a un vrai cercle de confiance. Ce que vous dites est aussi vrai sur cette forme de désaffection que l’on constate, mais c’est un phénomène qui est quand même très médiatique. Dans notre sondage, 75 % des moins de 35 ans aiment leur entreprise, ce sont eux qui battent tous les records. Mais ce sont aussi eux qui veulent profiter du vendredi en télétravail, ou qui veulent changer d’entreprise. C’est une espèce de détachement qui n’empêche pas l’attachement.
Est-ce qu’ils aiment leur entreprise ou leur salaire ?
Ce sont effectivement deux sujets différents... C’est la première année que l’on observe que la principale attente est celle du pouvoir d’achat. On nous parle tellement du pouvoir d’achat, dans tous les médias - c’était aussi au centre de la campagne électorale - que maintenant le réflexe est de répondre que le principal problème est celui du pouvoir d’achat. On observe aussi un attachement profond à l’entreprise : les médias et les politiques sont dans un socle de confiance très bas, aux alentours de 10 à 15 %, alors que l’entreprise atteint les 80 %. Finalement, les Français attendent beaucoup de choses de leur entreprise. Ils attendent même qu’elle s’occupe de leur santé, y compris en matière de prévention. C’est un déséquilibre intéressant, parce que nous avons un État manager. Les Français attendent plus de leur boîte et moins du politique, mais maintenant les politiques veulent gérer les entreprises.
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