Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Quelle réaction face à la poursuite de la hausse des taux ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Les grands banksters américains Goldman Sachs et JP Morgan déclarent qu’ils s’attendent à une récession pour le milieu de l’année 2023. En Europe, elle devrait s’avérer encore plus sévère qu’aux Etats-Unis, le tout accompagné d’un niveau d’inflation historiquement très élevé si les Banques Centrales échouaient dans leurs politiques monétaires pour la combattre. Autrement dit, un environnement « stagflationiste » menace de s’installer sur l’économie des grands pays développés si, d’ici-là, la valse des étiquettes ne venait pas à se calmer sérieusement. Pour le moment, les derniers chiffres macro-économiques ne montrent guère d’améliorations sur ce front, ce qui laisse entendre que la Réserve Fédérale et la BCE ne vont pas lâcher la pression de sitôt au niveau du rythme de la hausse des taux dirigés.

Or, les marchés obligataires ne semblent guère conscients de la situation à court terme, car les rendements des emprunts d’Etats souverains ont notablement rebaissé depuis trois semaines après l’alerte sur la dette anglaise au début du mois d’octobre. Les marchés des actions leur ont emboîté le pas en remontant assez fortement sur la même période. Pourtant, là encore, les derniers résultats des géants américains du numérique dont Alphabet (Google) et Microsoft indiquent clairement qu’ils s’apprêtent à entrer dans une phase de dégradation des marges et probablement un peu plus tard de celle des ventes.

Pendant ce temps-là, le marché du travail reste encore très tendu et alimente fortement l’inflation des coûts chez les cadres. La hausse actuelle des indices boursiers est probablement d’ordre technique et fait suite à une phase baissière assez longue pendant laquelle les investisseurs sont restés à l’écart du marché. Avec le rattrapage significatif effectué au cours de ces trois dernières semaines, les cours redeviennent chers eu égard au contexte qui se dessine pour la fin de l’année et l’ensemble de l’année 2023 avec une récession attendue relativement sévère.

Par ailleurs, il y a la problématique du secteur bancaire à prendre en compte pour savoir jusqu’à quel point les banques commerciales européennes devenues beaucoup trop grosses à force de fusions-acquisitions, vont-elles encaisser le choc de la récession et sa cohorte de dépôts de bilans et de restructurations financières forcées. Là encore, à court terme, le décalage de la hausse des taux de la BCE en retard leur permet de conserver des marges confortables sur les prêts, mais cette manne devrait s’arrêter rapidement.

Sur le plan technique, le mouvement de reprise en cours sur le Cac 40 se rapproche de la zone de l’objectif théorique située au contact de la ligne de résistance du canal baissier principal, passant actuellement autour de 6.360 points. A la baisse, les niveaux de soutien les plus proches et les plus significatifs se trouvent désormais successivement vers 6.150 points puis 6.000 points et 5.950 points. En dessous, en cas de cassure de ces niveaux, l’indice parisien pourrait aller tester une nouvelle fois la solidité de ses bases reculées de 5.750 points et 5.630 points.

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