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Distribution : combien valent les actifs ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 4 novembre 2022 (numéro 1.160) : “ Les bonnes surprises du troisième trimestre ”. Bonne lecture !!!
Exactement trois ans jour pour jour après avoir annoncé son désengagement de Chine, cet été, Carrefour a annoncé la fin de sa présence directe en Asie, puisqu’il a annoncé la cession à venir à son partenaire taïwanais Uni-President des 60 % qu’il détenait dans la coentreprise locale fondée il y a trente-cinq ans. Vendre à son partenaire, qui disposait d’un droit de préemption, ce n’était pas la chose la plus aisée pour obtenir la meilleure valorisation, du moins en théorie.
Pourtant, l’opération annoncée au mois de juillet dernier valorise Carrefour Taïwan autour de 2 milliards d’euros soit un gain espéré autour de 1 milliard d’euros pour le groupe Carrefour. Comme l’activité à Taïwan représentait environ 2,4 milliards d’euros de CA, la valorisation à 2 milliards d’euros montre bien quelle est la vraie valeur d’un actif dans la distribution, en l’occurrence, elle dépassait les 82 % du CA. C’est d’autant plus intéressant que Carrefour va rester présent via sa marque et son logo à Taïwan puisque les 68 hypermarchés et 272 plus petites surfaces vont l’utiliser, via un accord de franchises, via également des accords pour les achats à l’international.
Les opérations de Carrefour.
Au mois de juin dernier, Carrefour, toujours le même, avait finalisé l’acquisition de l’ancienne filiale de WalMart au Brésil, Grupo Big, pour un montant de 1,35 milliard d’euros. Bien qu’il se soit agi d’une opération qui conforte la position de numéro 1 sur le marché brésilien, Carrefour a reçu l’autorisation de l’Autorité de la Concurrence brésilienne avec comme seule obligation que la vente de 14 magasins sur les 388 concernés. L’opération brésilienne s’est faite à 70 % en cash et pour 30 % en actions, réduisant la part détenue par Carrefour dans Carrefour do Brazil de 71,6 à 67,7 %. Grosso modo, dans son acquisition brésilienne, du fait de la moindre rentabilité de Grupo Big, le prix payé a représenté environ 25 % du CA.
Si l’on y ajoute le coût de la transformation à venir des magasins qui sont rachetés afin qu’il puisse y avoir des bénéfices et des synergies significatifs, sur les achats comme pour ce qui concerne les campagnes publicitaires, on peut considérer que l’acquisition brésilienne s’est réalisée avec une valeur d’entreprise plus investissements à consentir dans les deux prochaines années représentant 35 % du CA récupéré. En mars 2020, le géant britannique de la distribution Tesco a vendu ses filiales malaisiennes et thaïlandaises pour la somme de 9,2 milliards d’euros. Là, c’était le jackpot. En effet, à travers 2.000 magasins de proximité et hypermarchés, ces deux filiales de Tesco réalisaient 5,2 milliards d’euros de CA.