Le président de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat évoque l'avenir de l'audiovisuel après l'échec du projet de fusion entre TF1 et M6.

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Laurent Lafon, sénateur Union centriste du Val-de-Marne : « L’investissement technologique dans les plates-formes de la part des groupes français est nettement insuffisant. »

Refusant les contreparties demandées par l’Autorité de la concurrence, TF1 et M6 ont mis fin à leur projet de fusion. Pour le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, cette affaire ouvre une nouvelle période d’incertitude pour les acteurs du secteur. L’Autorité de la concurrence craignait notamment « un fort risque de hausse des prix des espaces de publicité vendus par les parties au détriment des annonceurs et des consommateurs ». Plusieurs questions vont rapidement se poser. À commencer par l’avenir de M6, dont le renouvellement de l’autorisation d’émettre auprès de l’Arcom interviendra le 5 mai 2023. Une fois la licence renouvelée, il sera impossible de modifier l’actionnariat pendant une période de 5 ans.


L’Hebdo-Bourseplus : Après l’échec de la fusion entre TF1 et M6, vous redoutez une zone d’incertitude pour l’audiovisuel français : est-ce aussi de l’inquiétude ?


Laurent Lafon : Très clairement. Tout cela résulte d’une décision de l’Autorité de la concurrence, en vertu du droit de la concurrence, ce qui est tout à fait normal de la part d’une autorité en charge de faire respecter le droit de la concurrence. En revanche, ce qui aurait été intéressant, c’est d’avoir une vraie réflexion en termes de politique industrielle pour savoir comment on réorganise le secteur de l’audiovisuel, notamment par rapport à la concurrence des plates-formes. Cette réflexion n’a pas eu lieu et la décision a simplement été prise au regard du droit de la concurrence. Compte tenu des acteurs concernés et de l’ampleur de l’opération, il aurait été utile d’avoir une vision plus large, mais aussi plus stratégique, pour savoir si cette fusion était une bonne chose pour faire face à la concurrence et positionner un important groupe français à la hauteur des enjeux actuels. Or cette réflexion n’a pas eu lieu.


Le droit de la concurrence tient compte des équilibres sur le marché français en ne prenant pas forcément en considération les bouleversements européens ou mondiaux. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons auditionné le président Benoît Coeuré et il a bien expliqué qu’il y avait des contacts avec les autres autorités en charge de la concurrence en Europe. La question est de savoir comment adapter le droit de la concurrence européen par rapport à des acteurs qui viennent d’autres continents. On doit aussi savoir ce qui doit primer entre la défense d’une certaine forme de souveraineté nationale, ou européenne, par rapport au cadre actuel du droit de la concurrence.

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