Restructurations, OPA, rumeurs et rachats : la liste qui chauffe.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 21 octobre 2022 (numéro 1.158) : “ Quelle valeur réelle pour les actifs des entreprises de distribution ? ”. Bonne lecture !!!
Derichebourg est monté à presque 25 % du capital de la société Elior, et entend rester en dessous de 30 %, du moins pour l’instant. Le spécialiste du recyclage a visiblement une idée derrière la tête, et s’est installé comme premier actionnaire du groupe Elior, qui figure parmi les leaders mondiaux de la restauration collective sous contrat. En théorie, il n’y a pas beaucoup de synergies possibles entre la gestion de restaurants situés dans les entreprises et les administrations, dans des écoles, des collèges, des établissements de soin ou des maisons de retraite… mais dans la réalité, souvent, il y a de la clientèle en commun, puisque les entreprises, les administrations, les établissements d’enseignement, de soin ou les maisons de retraite ont comme particularité d’avoir des déchets à enlever… des contrats qui peuvent être négociés puis signés par des services commerciaux qui peuvent être mis en commun puisque Derichebourg, outre le recyclage industriel, s’occupe aussi de l’enlèvement d’ordures ménagères et de prestations de services associées pour des entreprises ou des collectivités. Après un gros trou d’air du fait de la crise Covid pour l’exercice qui s’est terminé le 30 septembre 2020, confirmé lors de l’exercice terminé le 30 septembre 2021.
Elior sort la tête de l’eau.
Elior sort la tête de l’eau, a nettoyé les comptes de sa filiale nord-américaine lors de la présentation de ses comptes semestriels, et, lors de la publication des chiffres du T3 de son exercice à cheval qui s’est terminé le 30 septembre dernier, le groupe a confirmé tous ses objectifs de 2022 comme de 2024. Elior n’aura pas rattrapé, lors du dernier exercice, ses chiffres des exercices précédant la crise, mais le groupe a renégocié, selon mes informations, tous les contrats d’approvisionnement et de prestations de services dans les cantines, afin de répercuter sur sa clientèle les hausses de coûts concernant les approvisionnements alimentaires. En achetant pour un prix de référence de 7 euros les parts de la société holding du fondateur d’Elior, Robert Zolade, Derichebourg a fixé une sorte d’objectif intrinsèque au marché, même si le titre est chahuté actuellement, il est intéressant quand même de voir que Daniel Derichebourg, qui n’est pas réputé pour jeter son argent par les fenêtres, a décidé de faire un investissement stratégique, en toute connaissance des résultats du S1, dans un contexte peut-être délicat, mais qui lui permettra, à terme, de mettre un moteur auxiliaire de grande qualité aux différentes activités du groupe Derichebourg. Il ne faut pas oublier que si le S1 de l’exercice 2021-2022 d’Elior avait été très lourdement déficitaire (perte nette de 266 millions d’euros), c’est essentiellement en raison de la fermeture de Preferred Meals, un prestataire de cantines pour les écoles américaines qui a été jugé comme non-redressable.
Renault met ses actifs à l’encan.
Visiblement, l’entreprise qui fabrique des automobiles depuis la fin du XIXe siècle se cherche et pourrait changer de dimension dans les trimestres à venir, tout simplement parce qu’elle a connu une réduction forte de son périmètre du fait de sa sortie du marché russe, où le groupe avait percé, y détenant directement ou indirectement via Lada plus de 30 % de parts de marché. La Russie représentait plus de 10 % du CA de 2021, et une part beaucoup plus importante encore pour ce qui concerne le résultat opérationnel puisque les ventes locales se faisaient plutôt dans le haut de gamme des produits « Global Access », avec notamment beaucoup de Duster à quatre roues motrices commercialisées sur place. Avec sa filiale à 43,4 % Nissan qui se redresse, Renault n’est plus du tout dans une situation de force, et encore moins dans une situation équilibrée. La prise de contrôle de Lada et l’expansion en Amérique du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient et en Russie avait permis à Renault de rééquilibrer les forces entre Nissan (un peu plus de 5 millions d’unités par an) et Renault (tout compris, 4 millions d’unités au sommet). Depuis le complot contre Carlos Ghosn, on le sait désormais : Nissan cherche à virer son actionnaire principal, étant oublieux de la situation qui fut la sienne au moment où Renault est arrivé avec l’argent gagné grâce au succès du monospace Scenic (plus de 5 milliards $ tout de même), pour renflouer Nissan, moyennant une recapitalisation énorme.
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