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Immobilier : le choc des taux, mais les normes pèsent lourd aussi.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 14 octobre 2022 (numéro 1.157) : “ Restructurations, OPA, la liste qui chauffe ”. Bonne lecture !!!
Le barème des banques pour le mois d’octobre vient tout juste d’être communiqué aux intermédiaires, comme meilleurtaux.com. Sans surprise, il y a une augmentation des taux qui est comprise entre 0,20 % et 0,40 % pour les emprunteurs qui désirent rembourser sur une période de vingt-cinq ans, ce qui est désormais très courant, et cela efface quasiment en intégralité la hausse légère du taux de l’usure qui a été décidée récemment et qui est inférieure à 0,50 % par an.
Il y a quelques semaines, on nous disait beaucoup que s’il y avait un repli des transactions dans l’immobilier c’est que les banques ne pouvaient plus prêter, en raison de ce fameux taux de l’usure. C’était pour partie vrai, mais il ne faut pas oublier que ce que j’avais déjà annoncé en 2021 est devenu réalité en 2022 à savoir notamment que la Banque de France a imposé aux banques prêteuses d’être beaucoup plus prudentes en ce qui concerne la distribution de crédits immobiliers.
Le risque de la transformation bancaire.
Je rappelle que les crédits immobiliers sont accordés pour une durée de quinze, vingt, vingt-cinq ou parfois même trente ans, avec des taux fixes pour la plupart des cas en France, et que les banques, pour récupérer des liquidités, empruntent la plupart du temps à un an, sur le marché interbancaire. Actuellement, le marché interbancaire reste très modeste, parce que la Banque centrale européenne a décidé de ne pas remonter de façon rapide ses taux d’intérêt, mais lorsqu’elle y sera obligée, il y a un risque très important, que l’on pourrait qualifier de systémique, pour ce qui concerne les banques qui ont prêté pour plus de deux décennies parfois à des particuliers à des taux qui sont inférieurs ou égaux à 2 % l’an, et qui se retrouveront dans l’obligation de refinancer leurs emprunts de façon excessive par rapport au prix des intérêts encaissés.
Bien évidemment, on nous raconte tout et n’importe quoi en ce qui concerne l’immobilier. Dans les journaux supports de publicité, on vous dira toujours que c’est le moment d’acheter. En effet, les promoteurs représentent une part très importante des recettes, et il ne faut pas oublier que les transactions immobilières représentent également des recettes très importantes pour les collectivités locales et pour l’Etat, au titre des droits de mutation. Dans son projet de budget pour 2023, la mairie de Paris s’attend à 1,8 milliard d’euros de recettes à ce titre, puisqu’elle touche à la fois la part communale et la part départementale. C’est une somme colossale, la ville de Paris gagne à la spéculation immobilière, plus c’est cher, plus elle touche. Le vrai problème, c’est que l’inflation va toucher de plein fouet l’immobilier.