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Gros plan sur l’écosystème français des start-ups.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Charles Degand, président d’Angelsquare : « Une start-up, c’est d’abord une entreprise, c’est ce qu’oublient une majorité des entrepreneurs qui créent des choses qui n’ont pas vraiment d’utilité. »
Charles Degand est l’un des hommes les plus influents de la French Tech puisqu’il est le cofondateur et président d’Angelsquare, une communauté d’investisseurs qui accompagne une centaine d’entreprises chaque année avec des levées en amorçage entre 500 000 et 1 million d’euros, pour un montant global de plus de 70 millions d’euros chaque année.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez 33 ans et vous êtes le symbole de cette génération qui réussit. On dit que les trentenaires préfèrent avoir une vie tranquille, avec moins d’argent, plutôt que de faire fortune en sacrifiant leur vie de famille… On parle beaucoup de la « grande démission » dans les entreprises ? Qu’en pensez-vous ?
Charles Degand : C’est vrai, il y a ce phénomène de « grande démission ». Il est dur de recruter des gens compétents dans tous les secteurs. Il s’est passé quelque chose depuis la Covid et il est difficile de recruter des gens qui ont vraiment envie de bosser. À côté, on voit émerger des créateurs d’entreprise et c’est aussi une tendance de fond. Il y a dix ans, il n’y avait pas de start-up en France, ou très peu, alors que maintenant toutes les universités et toutes les écoles de commerce ont leurs incubateurs. Il y a une part non négligeable des diplômés qui réfléchissent à créer une boîte et l'on voit beaucoup de jeunes employés qui veulent apprendre la vie d’une entreprise, pendant quatre ou cinq ans, avant de créer leur propre entreprise plus tard.
Que pensez-vous du phénomène de la « grande démission » ? N’est-ce pas un caprice de gosses de riches ? Un jeune Égyptien au Caire ou un jeune Sénégalais à Dakar ne vont pas penser à la « grande démission » …
Il est certain que quand on crève de faim, on va plus travailler que quand on ne crève pas de faim ! En l’occurrence, la « grande démission » ne touche pas que les CSP + et les bourgeois des villes. On n’arrive plus à recruter des camionneurs, des serveurs ou des professeurs… Pour l’instant, le frigo n’est pas vide et c’est pour cela que des gens se permettent de faire la fine bouche. Tout cela est beaucoup lié au Covid. Les gens sont restés enfermés chez eux, ils se sont posés plein de questions, il y a eu beaucoup de reconversions professionnelles, il y a eu beaucoup de remises en question… J’espère que c’est transitoire, sinon je ne donne pas cher de l’économie française dans quelques années. D’ailleurs, cela ne touche pas que la France, car le phénomène est terrible aux États-Unis.
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