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Atos : une affaire redressable ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 30 septembre 2022 (numéro 1.155) : “ Senior économie : le poids des dettes fait peur ”. Bonne lecture !!!
Ce mardi, Atos a annoncé avoir reçu la médaille « platine » d’EcoVadis pour sa performance en matière de Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE). Cela a fait une très belle jambe aux actionnaires puisque le titre, toujours hypervolatil, est descendu à 8,32 euros presque sur l’annonce, perdant encore 4 %. Atos s’enorgueillit de sa position dans le 1 % des entreprises les plus performantes évaluées par EcoVadis dans son secteur (programmation informatique, conseil et activités connexes). La note est de 84/100… rien à voir avec la notation des agences financières, qui est sous surveillance avec implication négative ! Huit années consécutives de médaille d’or EcoVadis suivies de médailles de platine, depuis 2020, ne valent rien, du point de vue de l’actionnaire, en regard de l’effondrement du cours de Bourse, le titre Atos étant désormais matraqué de façon systématique, au fur et à mesure des sorties d’analyses financières qui ne sont pas toujours très tendres avec l’entreprise.
Rififi chez les actionnaires.
Les actionnaires ne sont pas heureux, Sycomore Asset Management, qui détient environ 1 % du capital et non pas 20 % comme une erreur aura pu vous le faire croire la semaine dernière dans une réponse à une question qui me fut posée, réclame le départ du président d’Atos. La semaine dernière, le banquier suisse UBS a affirmé qu’il ne détenait plus aucune action Atos, après avoir dépassé le seuil des 5 % du capital ! Visiblement, le titre est devenu une sorte de ticket de loterie, avec usage intensif de la spéculation, pour gagner 1 euro ou 2 euros sur des opérations d’achat ou de vente à découvert ! Le groupe Atos, société européenne, malgré ses péripéties récentes, figure toujours parmi les premiers groupes mondiaux de services informatiques. L’entreprise effectue des prestations d’infogérance, intègre des systèmes et donne des prestations de conseil, s’occupe également du traitement des transactions électroniques de paiement, de la gestion des paiements à distance, du développement de solutions de paiement et de tout un tas d’activités dans la cybersécurité.
Lors de la publication des comptes au titre de l’exercice 2021, avec un CA en léger recul et un résultat opérationnel très lourdement déficitaire en raison de tout un tas de provisionnements, il fut annoncé l’arrivée de M. Rodolphe Belmer, nouveau directeur général, qui était plutôt bien apprécié par la plupart des observateurs. Une fâcherie a visiblement été rapide avec le président d’Atos, qui a été suivie par le conseil d’administration. Du coup, il y a eu un gros coup de torchon à la direction générale, et le marché se trouve désormais dans une situation extraordinairement peu lisible. En 2020, sur 11,18 milliards d’euros de CA, Atos dégageait un résultat opérationnel de 650 millions et l’entreprise était en mesure de distribuer un dividende correct.
Fausses rumeurs en série.