Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Volte-face sur les 6.400 points

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Les derniers chiffres publiés sur l’inflation outre-Atlantique a douché encore une fois l’optimisme prématuré d’un certain nombre d’intervenants qui l’avaient enterrée un peu trop tôt. Pis, sa diffusion à tous les composantes de la consommation hors énergie et son ancrage ont progressé. Du coup, ils sont de plus en plus nombreux les analystes à s‘attendre à une remontée d’un point complet du niveau des taux directeurs par la Réserve Fédérale lors de sa prochaine réunion mensuelle. Cette fois-ci, tous les actifs sont concernés par la baisse : les actions, les obligations et l’immobilier. Les indices boursiers qui semblaient partir sur un nouveau « rallye » haussier d’été ont brutalement rebroussé chemin alors que les données macro-économiques sont venues une nouvelle fois contredire les anticipations majoritaires des investisseurs. Outre l’inflation trop forte, la situation sanitaire en Chine y freine la reprise économique et pousse les prix des composants et de la sous-traitance à la hausse. L’enlisement de la guerre en Ukraine n’arrange pas les choses par ailleurs. En Europe, avec des prix de l’énergie comportant un pourcentage très élevé de taxes, on s’oriente vers une nouvelle phase de surendettement des Etats obligés de subventionner la consommation de gaz et de pétrole pour éviter une récession économique brutale. C’est un élément accélérateur de la hausse des taux obligataires sur les marchés de la dette souveraine, renchérissant d’autant le coût de son service.

Globalement, la situation générale est loin d’être simple et encore moins d’être dénuée de tous risques de dérapage. La forte baisse des marchés boursiers américains en ce début de semaine confirme l’inquiétude croissante des investisseurs qui préfèrent de plus en plus diminuer leurs expositions en actions en faveur des obligations dont les taux sont de plus en plus attractifs. Ils le seront d’autant plus qu’ils sont orientés à la hausse et que la faiblesse de la croissance économique devrait générer nettement moins de bénéfices au niveau des entreprises, donc du niveau futur des dividendes et des plus-values s’il y en a. Du point de vue technique, l’indice Cac 40 continue d’évoluer dans son canal baissier majeur après avoir échoué dans sa tentative de débordement de sa ligne de résistance en séance du 16 août puis celle du 14 septembre au contact des 6.400 points. Les cours semblent repartir à la baisse avec cette fois-ci pour objectif de tester une nouvelle fois les zones de soutien majeures de 6.150 points puis éventuellement les 6.000 points. En cas de double cassure, l’indice parisien pourrait filer rapidement jusqu’aux 5.750 points où se trouve la zone de soutien horizontale majeure à long terme sur laquelle avait pris appuis le mouvement de reprise après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Dans tous les cas, la volatilité devrait rester très élevée en raison des grandes incertitudes sur l’inflation et la croissance des prochains mois.

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