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Energie : l’avenir est-il aussi sombre qu’on vous le dit ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 23 septembre 2022 (numéro 1.154) : “ Atos : une affaire redressable ?  ”. Bonne lecture !!!
Souvent, le diable porte Saint-Pierre. Du mal peut donc advenir un bien. La crise russo-ukrainienne, avec tous ses malheurs notamment pour ce qui concerne les populations concernées par la guerre, Russes et Ukrainiens principalement, pourrait aboutir, pour l’Europe, à au moins une prise de conscience de l’extrême dépendance qui est la nôtre pour ce qui concerne les énergies comme le pétrole ou le gaz, que nous importons à plus de 90 % d’autres régions que la nôtre. Certains pays considèrent qu’il est possible, au moins provisoirement, de basculer vers le charbon, pour produire de l’électricité, afin de remplacer le gaz importé de Russie d’autres pays. Il ne faut pas oublier que le charbon est désormais également importé, y compris dans les anciens pays très fortement producteurs, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Géopolitique des fournisseurs.
Pendant très longtemps, nous avons négligé le poids géopolitique des pays qui nous fournissaient de l’Energie. Nous faisons ami-ami avec l’Arabie Saoudite, gros producteur de pétrole, ou avec le Qatar, qui finance beaucoup d’organisations du terrorisme islamique dans le monde. Nous finançons également, et la présidente de la Commission européenne est allée faire un voyage façon risette, l’Azerbaïdjan, dont le seul but proclamé est d’exterminer les Arméniens. A court terme, il n’y a pas vraiment d’autres solutions que d’essayer de trouver du pétrole et du gaz là où ils se trouvent, avant de le remplacer, si possible, au fur et à mesure des possibilités, par d’autres énergies, parfois renouvelables. Il faut savoir que l’on est souvent aveuglé par des tarifs qui nous semblent aujourd’hui exorbitants mais qui, en monnaie constante, et sur le long terme, sont juste simples et naturels. Au tout début de l’exploitation pétrolière, à la fin du XIXe siècle, le baril de pétrole valait plus de 100 dollars 2013, dollar constant.
Pendant très longtemps, la mise en production de tout un tas de champs pétrolifères nouveaux, en Russie, dans les Indes néerlandaises (actuelle Indonésie), au Texas, en Californie, au Moyen-Orient, et même encore au Venezuela au début des années 1920… ont amené une stagnation, en monnaie constate, du prix du baril aux alentours de 20 dollars, avec quelques épiphénomènes liés aux guerres ou à la période de reconstruction. Quand on regarde la courbe de long terme, les seuls moments de forte remontée viennent de la guerre israélo-arabe dite « guerre du Kippour », puis il y a eu un deuxième choc avec la révolution iranienne en 1979. Ensuite, il y a eu des événements haussiers lors des guerres en Irak, baissiers avec la crise financière de 2008, haussiers de nouveau avec les printemps arabes, baissiers et fortement au moment où l’Arabie Saoudite décida de rouvrir les robinets, afin de noyer les producteurs nord-américains de pétrole et de gaz non-conventionnels (pétrole et gaz de schiste), et de les empêcher de prendre des parts de marché par rapport aux débouchés du Moyen-Orient.
Cher ? Nenni : retour au prix normal.