Le président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale commente l’actualité économique.

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme : « Les élites s’accrochent à cette idée de fiscalité punitive, sans voir que la clé de la transition écologique est dans l’innovation technologique. »

C’est l’une des révélations des premières semaines de débats à l’Assemblée nationale : Il s'agit de Jean-Philippe Tanguy. Le président délégué du groupe Rassemblement national revendique une opposition millimétrée au gouvernement : frontale sur les sujets de sécurité et de souveraineté, mais plus mesurée sur les dispositions favorables au pouvoir d’achat.


L’Hebdo-Bourseplus : On avait prédit une rentrée mouvementée, mais le gouvernement sort le carnet de chèques avec une grande générosité, ce qui lui permet de masquer les effets délétères de la crise auprès de nos concitoyens. Comment analysez-vous cette rentrée ?

Jean-Philippe Tanguy : J’aimerais bien que ce soit le carnet de chèques, parce que cela supposerait que la France a des réserves à dépenser. Mais ce sont des chèques sans provision. L’État nourrit le déficit en faisant croire aux Français que l’inflation est moins forte, alors qu’il ne fait que reporter une partie de l’inflation sur le déficit. On dépense 64 milliards d’euros pour amortir les effets de l’inflation sur le marché l’énergie, donc, c’est évident, on a une inflation moindre. La Suisse a 3 % d’inflation et elle n’endette pas les générations à venir. Nous avons voté le bouclier tarifaire, faute de mieux, mais le vrai problème c’est que Monsieur Le Maire, comme les autres dirigeants occidentaux, n’ose pas affronter les causes structurelles de l’inflation. La France, depuis la fin de son programme nucléaire, ne s’est pas chargée de ses importations stratégiques de pétrole et de gaz, cela s’est même aggravé, et elle subit maintenant les prix de marché. Subir les prix de marché ne revient pas à accepter des spéculations illégitimes.

Sur le marché du gaz, on sait très bien que la spéculation n’a pas de base rationnelle. Il n’y a pas eu d’augmentation des coûts d’exploitation, il n’y a pas eu de gisements qui sont devenus inexploitables, c’est uniquement un effet de la spéculation et de la guerre. Les pays européens sont tous dépendants des importations et ils n’ont pas cherché à s’organiser, alors que cela fait six mois que le président de la République évoque la nécessité de faire des achats communs. L’Europe est un client qui a une puissance commerciale importante et elle aurait pu chercher à rééquilibrer les forces de marché en refusant de cautionner cette hausse.

Mais, pour cela, il faudrait s’organiser pour contrebalancer les prix de marché. C’est ce que nous proposons depuis le début. En ce qui concerne le marché de l’électricité, au sein du Rassemblement national nous avons toujours été contre l’indexation des prix du marché européen de l’électricité sur le gaz puisque, par définition, c’est un mécanisme inflationniste. Cela veut dire que l’ensemble de la production électrique, peu importe son coût de production, est indexé sur le prix le plus cher. Cela n’a aucun sens en économie. Aucun autre marché n’est indexé sur le coût marginal, c’est un système inflationniste. Nous disons qu’il faut revenir au coût moyen en disant que nous produisons 65 à 75 % de nucléaire à 50 € le mégawatt heure, nous avons 15 % d’hydraulique à 30 € le mégawatt heure et nous avons de l’éolien à 80 €.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.