Entretien avec le rapporteur général de la commission des finances du Sénat.

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Jean-François Husson, sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle : « La période du « quoi qu’il en coûte », avec l’open bar, a vraiment retourné les cerveaux de la population. »

Jean-François Husson est sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle et rapporteur général de la commission des finances du Sénat. Il analyse l’actualité politique et économique de cette rentrée.


L’Hebdo-Bourseplus : Certains considèrent que la rentrée sociale sera explosive, en raison de l’inflation et de la hausse des prix de l’énergie, tandis que d’autres estiment que la situation est maîtrisée par la distribution généralisée d’aides sociales. Quel est votre avis ?

Jean-François Husson : Je n’ai aucune certitude. Personne ne peut lire dans le marc de café. Il faut se placer dans le contexte de l’élection présidentielle et des élections législatives, mais aussi dans le contexte européen et mondial. Le président de la République a été réélu, moins largement que prévu, mais il a quand même été réélu. C’est la confirmation du choix de 2017 où il a été élu, selon ses propres termes, par effraction et à la surprise générale. Ensuite, à l’issue des élections législatives, les Français ont choisi de ne pas accorder au président de la République une majorité absolue et cela ne s’est pas joué à quelques sièges. Les Français ont également souhaité que l’ensemble des sensibilités politiques soient mieux représentées à l’Assemblée nationale, en faisant sauter le plafond de verre et le tabou des extrêmes.

Maintenant, le message est clair : le gouvernement doit travailler différemment avec toutes les sensibilités. La guerre en Ukraine est aussi un élément important, puisque c’est un bouleversement sur la scène internationale, notamment dans les échanges mondiaux, principalement sur la question énergétique. L’augmentation des prix de l’énergie contribue à l’inflation et contribue à l’augmentation du coût des denrées alimentaires. Depuis mars 2020, les Français ont dans la tête ces mots qu’ils ont bien en tête : « quoi qu’il en coûte ! » Hier, ils acceptaient l’idée que l’État ne puisse pas tout faire, mais aujourd’hui ils veulent tourner la page en disant que l’État peut tout faire, sans vouloir regarder avec objectivité le coût de ce « quoi qu’il en coûte ».

Pourtant, avec la remontée des taux d’intérêt et l’inflation, le coût de la dette sera particulièrement douloureux. Nous avons décidé de mettre en place de nombreuses mesures pour préserver le pouvoir d’achat. Le coût est énorme. Ce sont des dizaines de milliards, en espérant que cela va atténuer les difficultés des Français. Mais on voit bien que l’on ne sera pas débarrassé de l’inflation à la fin de l’année. Nous devons maintenant préparer 2023. C’est difficile en raison des incertitudes et des risques et c’est pour cela que le président de la République et le gouvernement doivent donner les signes d’un dialogue social restauré, avec toutes les parties prenantes, en jouant cartes sur table.

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