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Résultats semestriels (S1 de 2022, 3-3 et fin) : TotalEnergies : le bouc-émissaire facile
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 9 septembre 2022 (numéro 1.152) : “ Equipementiers au tapis : est-ce justifié ?  ”. Bonne lecture !!!
Rares sont les entreprises qui ont publié des comptes aussi impressionnants au S1 de l’année 2022. TotalEnergies a sorti un résultat net part du groupe de 10,6 milliards de dollars soit à peu près autant d’euros au cours actuel de quasi-parité entre le dollar et l’euro. L’augmentation par rapport au S1 de 2021 a été de +92 % mais au T2, la multiplication du résultat net part de TotalEnergies a été par 2,6.
On le voit bien, tout baigne ! L’EBITDA ajusté (résultat opérationnel avant impôts et amortissements) a été de 36,2 milliards d’euros, une multiplication par 2,1 entre le S1 de 2021 et celui de 2022. Bien sûr, cela permet d’avoir de l’argent qui remplit les caisses à gros rythme puisque 16,3 milliards de dollars ont été encaissés en tréflux (flux de trésorerie d’exploitation) au T2 ce qui a permis d’arriver à 23,9 milliards de dollars au S1 de 2022, une hausse de 82 %.
Des moyens pour investir davantage.
Dans son communiqué, TotalEnergies insiste sur ses investissements notamment pour accroître son offre et sur la contribution du groupe à la sécurité énergétique. Les ventes mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) ont atteint 25 millions de tonnes sur les six premiers mois de l’année 2022, dont 60 % en Europe, les raffineries de TotalEnergies ont enregistré un taux d’utilisation de près de 90 %. Le groupe a fait en sorte qu’on ne manque pas de gazole alors que beaucoup de distributeurs français récupéraient du fioul lourd russe qui était ensuite raffiné à nouveau pour être mis aux normes européennes, ce qui n’est plus possible désormais. Le groupe TotalEnergies, de longue date, cherche toujours à diversifier ses participations, ses intérêts.
Depuis le début de l’année 2022, il a notamment pris une participation importante dans le gigantesque projet GNL du Qatar, il y a eu également la prise de contrôle de Clearway, cinquième acteur américain des énergies renouvelables et la mise en œuvre d’un projet de production massive d’hydrogène vert en Inde, en partenariat avec Adani. L’argent de TotalEnergies ne vient pas d’une ressource magique, et le groupe doit faire face à un recul léger de sa production, notamment lié à des arrêts de maintenance et à des interruptions au Nigeria ainsi qu’en Libye pour des raisons de sécurité. Comme les marges de raffinage sont très élevées, ce qui est véritablement nouveau dans le métier, le groupe a lancé un programme de réduction des prix à la pompe au bénéfice de ses consommateurs français, manière d’éviter la tentation étatique d’aller chercher dans la poche de TotalEnergies de quoi combler les besoins financiers criants du gouvernement déficitaire. Par ailleurs, l’abaissement de 20 centimes pour le prix du litre de carburant dans toutes les 3.500 stations-service de l’hexagone devrait permettre à TotalEnergies d’augmenter sa part de marché par rapport à la grande distribution comme aux autres réseaux concurrents.