Résultats semestriels (S1 de 2022) : les décryptages (2-3).

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 septembre 2022 (numéro 1.151) : “ Semestriels : les bons comptes et les moins bons (suite et fin). ”. Bonne lecture !!!

Officiellement, tout va très bien, Madame la marquise… Selon l’agence Reuters, qui ose tout, c’est même une sorte d’événement. Le titre de la dépêche sur les résultats de la Société Générale est : « SocGen signe un T2 solide et compense le coût de son départ de Russie ». Les c… osent tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît, les banksters et leurs complices aussi. Tout de même, la Société Générale a annoncé une perte nette de 1,48 milliard d’euros au T2 de 2022, les 3,3 milliards d’euros qui sont le coût officiel du départ de Russie (une escroquerie, on y reviendra), sont loin d’avoir été compensés. Factuellement, le titre est faux. Le départ de Russie est une escroquerie, car la SG pouvait tout à fait rester là-bas, plutôt que de perdre 3,3 milliards d’euros de bel et bon argent en revendant une affaire tout à fait prospère à son ancien actionnaire, ce qui fait que le prix à l’achat, en 2008, plus le coût à la revente, en 2022, tout cela fera bien plus de 5 milliards d’euros au lieu des 3,3 milliards affichés.

En théorie l’AMF doit contrôler les déclarations des entreprises, en pratique, visiblement cela n’a pas été fait, le coût réel de l’aventure russe est peut-être même situé quelque part entre 7 et 9 milliards d’euros selon certaines sources internes à la SG, mais cela, chut, il ne faut pas le dire ! Pour ne pas désespérer la Bourse de Paris, pour maintenir hors de l’eau de façon artificielle peut-être mais réaliste le cours de la SG, qui n’est quand même pas brillantissime, on dira que les comptes du T2 sont une bonne surprise puisque certains analystes attendaient une perte de l’ordre de 2 milliards d’euros, et qu’elle n’a été « que de » 1,48 milliard. Je rappelle que la SG est une PME à l’échelle du grand bankstérisme, sur trois mois, elle a réalisé un produit net bancaire (CA des banques) de 6,06 milliards d’euros. Ceci dit, cette PME n’arrive pas à réduire ses charges, qui sont toujours, depuis plusieurs trimestres, très supérieures aux attentes.


Oudéa sur le départ.


Après avoir viré, suite à des pertes au T1 de 2020, son ancien bras droit Philippe Heim, Frédéric Oudéa, directeur général, ne sera pas prolongé pour son mandat actuel alors que, toujours selon nos informations, il en avait émis le souhait ou la suggestion. La SG souffre toujours de la comparaison avec BNP Paribas ou avec le Crédit Agricole, on ignore pour le moment les comptes semestriels du Crédit Agricole, même chez BNP Paribas, les résultats ont été clairs, nets et sans bavure, ils ont été annoncés quelques jours avant ceux de la SG. La seule chose qui est profitable au titre SG c’est l’arrêt, depuis très peu de temps, de la politique d’arrosage du marché via le paiement d’un dividende artificiel qui était à plus de 60 % payé en actions nouvelles, lesquelles étaient immédiatement ou presque à vendre sur le marché, ce qui a conduit le titre SG vers la cave. Nous ne sommes bien évidemment plus au huitième sous-sol, qui fut de 10,77 pour l’action SG, mais on est loin d’avoir retrouvé les sommets d’antan, avec des cours compris entre 45 et 50 euros. S’il n’y avait pas la filiale de location automobile ALD, les comptes de la SG seraient loin d’être brillants. La fusion des réseaux SG et Crédit du Nord se passe avec difficultés, il risque d’y avoir de la casse et de la perte de clientèle.


Vallourec va enfiler les bons trimestres.

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