Le président du groupe Union centriste au Sénat et président délégué de l’UDI commente l’actualité politique.

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Hervé Marseille, sénateur centriste des Hauts-de-Seine : « On disait que c’était ingouvernable, j’observe que l’on peut gouverner. »

Hervé Marseille est sénateur des Hauts-de-Seine, président du groupe Union centriste au Sénat et président délégué de l’UDI. Il est à l’origine de la proposition de taxation des superprofits lors de l’examen de la loi pouvoir d’achat au Sénat car, souligne-t-il, « ce ne serait pas mortel pour les entreprises concernées et cela permettrait de rééquilibrer les comptes de l’État ».


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes à l’origine de la proposition de taxation des superprofits des grandes entreprises. L’amendement a été rejeté à l’Assemblée nationale. Allez-vous poursuivre cette idée au Sénat ?

Hervé Marseille : C’est maintenant au Sénat d’examiner les textes et nous allons proposer une taxation des superprofits. C’est un sujet qui est traité partout en Europe, notamment en Italie, en Espagne, en Angleterre, ou en Allemagne, parce que c’est un signe politique à l’égard des entreprises qui font des profits importants en raison du contexte. Ce sont des profits d’opportunités, ce n’est pas une plus-value liée à de la productivité ou un surcroît de ventes. C’est quelque chose qui tient au contexte actuel. Donc, il est normal de faire cela au moment où la collectivité est très sollicitée. Tous les jours, on donne des chèques pour que les gens puissent se nourrir ou se chauffer et, quand des sociétés font des milliards de superprofits, il n’est pas anormal de demander qu’elles participent davantage pendant un an. Il ne s’agit pas de le faire ad vitam aeternam, il s’agit de taxer momentanément un profit momentané.


Pourtant, ce n’est pas dans votre culture politique de taxer les profits…

Effectivement, je suis un libéral. Il est normal que les entreprises travaillent et fassent des profits, mais il y a des limites. C’est comme la rémunération des patrons et il est normal qu’un patron soit récompensé quand il a bien travaillé pour son entreprise. Le patron de Stellantis a demandé un bonus de 66 millions ! On est dans le déraisonnable, alors qu’il y a des millions de gens en France qui sont sous le seuil de pauvreté. On doit aider des millions de gens, compte tenu des prix de l’énergie et de l’inflation. Et, à côté, nous avons des patrons qui osent demander des bonus absolument effarants. Il faut raison garder. Il est normal que des gens soient récompensés, mais pas de façon déraisonnable. Il ne faut pas oublier que c’est la collectivité qui est mise à contribution tout au long de l’année, entre la crise sanitaire et les problèmes consécutifs à la guerre en Ukraine. Donc, il n’est pas anormal que ceux qui gagnent le plus participent un peu. On ne peut pas solliciter le contribuable en permanence.

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