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Pourquoi une partie de la jeunesse est-elle nostalgique de la France d’autrefois ?
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Édouard de Praron : « J’ai impression d’être dépossédé et, surtout, d’être attaqué sur les modes de vie traditionnels français. »
Édouard de Praron est le pseudonyme d’un trentenaire diplômé de Sciences Po Paris et ancien consultant dans le secteur bancaire, actuellement chef de projet, qui signe un livre intitulé « Dépossession ». Que l’on partage ses idées ou non, cet ouvrage est intéressant, car il nous permet de comprendre pourquoi une grande partie de la jeunesse se montre nostalgique d’une France d’autrefois, qu’elle n’a évidemment pas connue, et aussi pourquoi certains jeunes se tournent vers des votes extrêmes, alors que dans les années 70 et jusqu’aux années 2000, la majorité d'entre eux manifestaient plutôt leur sympathie pour les idéologies de gauche et les écologistes.
Dans ce livre, Édouard de Praron raconte l’histoire de Jean, cadre dynamique, qui mène une vie confortable. Pourtant, inexorablement monte en lui un sentiment de dépossession. Dépossession de sa culture d’abord. Délitement de la société. Remise en cause de ses idéaux. Mais aussi perte de sens de son travail. Alors, quand le terrorisme islamique frappe la France, le jeune homme s’insurge. À travers les pérégrinations et les différents échanges du personnage principal, cet ouvrage est l’occasion de réfléchir autour de la crise identitaire que traverse la France.
Ce trentenaire écrit : « On devait être bien autrefois en France. Le bourdon. Une furieuse envie d’écouter Nostalgie. Non, plutôt de regarder un bon Belmondo ou un Gendarme avec Louis de Funès. Être dans la France d’avant. Celle des paysages ruraux, avant les lotissements, les pavillons, les zones commerciales. Celle des places de villages pleines de vie, animées, quand la jeunesse ne les avait pas encore quittées pour les boulevards des grandes métropoles. Fouler un chemin de terre, au milieu des champs s’étendant à perte de vue, avec pour seul horizon, une colline, une montagne, et quelques villages perdus au loin. Se rendre au marché avec son panier, flâner entre les étalages, passer devant l’église, s’arrêter au bistrot, acheter son pain à la boulangerie et enfourcher son vélo pour rentrer. Ou alors, vivre dans ce Paris populaire incarné par Bebel, Gabin, Ventura. Et pouvoir fumer tranquillement sa clope au comptoir. Enfin, la France d’avant, quoi. Celle où il faisait bon vivre. Celle où on pouvait laisser ses clés sur le contact de sa voiture pendant que l'on achetait le pain… »
« Dépossession » d’Édouard de Praron est publié aux Presses de la Délivrance.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez moins d’une trentaine d’années et vous racontez cette dépossession culturelle que vous subissez. Comment pouvez-vous ressentir la frustration d'être privé de quelque chose que vous n’avez pas personnellement vécu, puisque le phénomène de dépossession culturelle a commencé il y a 30 ou 40 ans ?
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