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Les investisseurs préfèrent miser sur les talents plutôt que sur les projets.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Coralie Chaufour, directrice générale d’Entrepreneur First France : « Ce qui anime les jeunes entrepreneurs, c’est le fait d’avoir un impact. »
Il s'agit d'une démarche innovante : pour la première fois, un fonds préfère miser sur les talents, plutôt que sur les projets. Fondé en 2011, Entrepreneur First (EF) lève 150 millions d’euros (158 millions de dollars) en série C auprès d’un consortium d’entrepreneurs et d’investisseurs de la Silicon Valley. Unique en son genre, Entrepreneur First mise sur les talents plutôt que sur des projets existants, et a l'ambition d’aider des centaines d’entrepreneurs à trouver des personnes pour les aider à lancer leur start-up. Il faut savoir que la valeur des start-up créées via EF dépasse désormais les 10 milliards de dollars. Cette levée de fonds va permettre à EF de poursuivre sa croissance et sa capacité à disrupter le modèle classique du capital-risque, en investissant dans des centaines de jeunes entrepreneurs à haut potentiel pour les aider à trouver des cofondateurs et à développer leur start-up.
EF a ouvert son bureau de Paris en 2018, sous la direction de Coralie Chaufour. C’est aujourd’hui la seule structure en France à proposer un modèle d’investissement dans les talents plutôt que dans les projets. Pour cela, EF table sur une sélection rigoureuse de jeunes ambitieux ayant envie d’entreprendre, mais n’ayant pas encore de cofondateur ou de projet, et qui pourront ainsi rejoindre un programme intensif de 3 mois afin de créer leur start-up de zéro. Ce programme a vocation à supprimer certaines des barrières à l’entrepreneuriat, en aidant les participants à trouver des cofondateurs, à générer une idée et à lancer leur start-up, tout en recevant un financement de la part d’EF.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez la particularité de vous intéresser aux talents, avant même les études ou le projet en lui-même : n’est-ce pas la base de l’entrepreneuriat à l’anglo-saxonne qui essaye de privilégier l’homme ? L’idée est-elle de favoriser un bon entrepreneur, même si le projet n’est pas très solide, parce qu’il va savoir l’amender, par rapport à un autre entrepreneur qui aurait un excellent projet, mais dont le profil serait identifié comme médiocre ?
Coralie Chaufour : C’est exactement cela. Nous avons un processus de sélection qui est essentiellement basé sur le profil individuel de la personne, mais pas du tout sur le projet. Par exemple, lors de nos entretiens avec les candidats, on cherche vraiment à comprendre qui ils sont, quelles sont leurs expériences et quelles sont leurs qualités d’entrepreneur. Cela peut être la résilience ou la capacité à entraîner des gens derrière soi. Un bon entrepreneur, c’est quelqu’un qui a de l’ambition et qui sera très productif : c’est-à-dire qu'il sera capable d’apprendre très rapidement, en triant les informations, pour que cela se ressente très rapidement dans les décisions qui seront prises. Les entrepreneurs les plus productifs sont ceux qui apprennent le plus de leurs expériences et qui réagissent plus vite que les autres.
On entend souvent les chefs d’entreprise constater que le sens de l’effort a disparu chez les jeunes : qu’en pensez-vous ?
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