Retour de cycle pour l'industrie para-pétrolière.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 8 juillet 2022 (numéro 1.146) : “ Engie : la vie désendettée, mais sans gaz russe. ”. Bonne lecture !!!

Pétrole : c’est l’heure de la revanche pour les équipementiers. A peine le pétrole a-t-il baissé aux alentours de 110 dollars le baril, sur des rumeurs de récession mondiale, qu’il est revenu à plus de 118. Dans les faits, tant qu’il n’y aura pas réouverture des possibilités pour le Venezuela et l’Iran d’exporter les quantités que ces deux pays désirent exporter, avec levée de l’embargo américain, l’exclusion de la Russie, troisième plus important producteur de pétrole au monde, peut déséquilibrer à tout moment le marché pétrolier, et tout le monde le sait, fonds spéculatifs en tête.

Le président nord-américain, M. Joe Biden, a eu beau exhorter ExxonMobil à utiliser les autorisations de forage et à extraire le plus de pétrole possible dans le monde entier, il ne faut pas oublier que cette entreprise avait investi en Russie et doit d’abord, par les profits actuels, sur le pétrole cher, récupérer les 20 milliards de dollars perdus dans le gouffre russe, sur un oukase de l’administration américaine. Total est sous pression, lors de ses assemblées, des organisations pseudo-écologistes (on les appelle souvent les escrologistes) incitent à ne plus investir dans le pétrole et dans le gaz, ce qui amènerait, si c’était le cas et si cela se généralisait à toutes les compagnies pétrolières mondiales, à un prix compris entre 250 et 350 dollars pour un baril d’or noir. Dans les faits, les grandes compagnies pétrolières mondiales avaient divisé par deux entre 2013 et 2021 leurs dépenses d’exploration et de production, il y a un énorme effort de rattrapage à effectuer pour combattre l’attrition naturelle des gisements anciens, dont la production baisse, après un plafond, ce que j’ai déjà expliqué à plusieurs reprises dans de nombreuses études.


Vous aviez été prévenus.


Il y a quelques années de cela, alors que le pétrole était très bas, j’insistais sur la crise pétrolière à venir, avec des prix élevés, les cours actuels ne sont pas une surprise pour celles et ceux qui sont d’anciens lecteurs et abonnés à l’Hebdo Bourse Plus. Les entreprises du secteur parapétrolier ont souffert énormément de la réduction drastique des investissements dans l’exploration et dans la production, d’autant plus fortement qu’elles avaient investi à la fin des années 2000, comme le groupe Vallourec qui avait développé deux usines toutes neuves, l’une au Brésil et l’autre aux Etats Unis d’Amérique, afin de faire face à la demande spécifique des nouveaux utilisateurs tels que le pétrole offshore du Brésil ou le développement du pétrole et du gaz de schiste en Amérique du Nord. Toutes les entreprises du secteur ont souffert, parfois de façon très forte. Aujourd’hui, il y a comme une sorte d’air de revanche qui résonne dans leurs différents débouchés. Là où les clients se faisaient rares, ils sont beaucoup plus nombreux désormais, là où ils négociaient sur les prix, ils négocient désormais sur les délais. L’ancienne Compagnie générale de géophysique, désormais appelée CGG, a failli sombrer corps et biens et n’a dû son salut qu’à une conversion drastique de sa dette en fonds propres, même si la situation n’est pas aujourd’hui totalement redressée, elle est quand même bien meilleure, puisque les compagnies reprennent leurs commandes. Au T1 de 2022, CGG a sorti une perte réduite à 19 millions de dollars contre 85 millions de dollars au T1 de l’exercice 2021.


CGG : le retour de la croissance.

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