L’inflation est plutôt une mauvaise nouvelle pour les finances publiques.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Sylvain Bersinger, économiste chez Asterès : « En réduisant le pouvoir d’achat des ménages, l’inflation diminue la consommation. »

Une étude du cabinet Asterès indique que contrairement aux idées reçues, les inconvénients de l’inflation semblent l’emporter sur les avantages. En effet, il est fréquent de postuler que l’inflation constitue un moyen de diminuer la dette et le déficit public. Or, une analyse approfondie nuance grandement ce postulat, notamment dans la période actuelle où l’inflation est principalement importée (pétrole et gaz) et où le déflateur du PIB n’augmente que très lentement. En effet, l’inflation conduit généralement à une hausse des dépenses publiques pour soutenir le pouvoir d’achat. Les gouvernements n’ont aucune obligation d’accroître leurs dépenses lorsque les prix augmentent. Dans les faits, il est fréquent qu’ils prennent des mesures de soutien au pouvoir d’achat. Une estimation du ratio dette publique / PIB selon différents scénarios indique que l’inflation est plutôt dommageable pour les finances publiques. La dette publique devrait passer de 112,9 % du PIB en 2021 à 114,5 % en 2022. Si l’inflation s’était maintenue à 2 %, la dette publique en 2022 se serait établie à 113,1 % du PIB et une hausse du déflateur du PIB à 5 % (au niveau de l’inflation) aurait permis une baisse de la dette publique à 111,3 % du PIB cette année.


L’Hebdo-Bourseplus : Sommes-nous réellement entrés dans une période d’inflation forte et pour longtemps ?

Sylvain Bersinger : Oui, on est clairement entré dans une période d’inflation. Il est difficile de dire si elle sera longue, mais elle a atteint 5,2 % en mai, c’est un niveau que nous n’avions pas connu depuis la fin des années 70. Donc, nous sommes clairement dans une période inflationniste. Les prévisions sont extrêmement difficiles, puisqu’une bonne partie des prévisions dépendent des conditions géopolitiques, notamment sur l’évolution de la situation en Ukraine, ce sont des paramètres que l’on peut difficilement anticiper. On peut dire que le scénario central est que l’inflation va rester forte jusqu’à l’automne, autour de 5 à 6 %, et que l'on peut espérer ensuite un tassement, sauf dégradation de la situation géopolitique, avec 3 à 4 % d’inflation. Les niveaux vont continuer d’être élevés, mais on peut espérer qu’à partir de l’automne 2022 le plus gros sera derrière nous. Bien entendu, c’est une prévision sujette à beaucoup d’hypothèses, notamment géopolitiques, sur lesquelles nous avons très peu de visibilité.


Vous êtes plus optimiste que certains économistes qui estiment que ce sera vraiment catastrophique pour notre pouvoir d’achat d’ici à la fin de l’année…

Je crois assez peu aux scénarios d’une inflation à 20 ou 30 %, mais je reste prudent dans une situation géopolitique très incertaine…

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.