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Une société française en pointe dans le streaming vidéo.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Jacques Le Mancq, PDG et cofondateur de Broadpeak : « Notre objectif est d’aller vers les nouveaux médias et le marché des entreprises. »
Broadpeak est maintenant sur le marché Euronext Growth : « Ce qui nous plait avec la Bourse, c’est la notoriété, mais surtout la transparence que ce mode de financement nous apporte vis-à-vis de nos clients, nos partenaires et nos parties prenantes. Cette lisibilité va de pair aussi avec notre démarche RSE », explique Jacques Le Mancq, PDG de Broadpeak. En 2019, Broadpeak avait déjà levé 10 millions d’euros auprès d’Eutelsat, société spécialisée dans la transmission par satellite. Broadpeak déploie ses solutions auprès des fournisseurs de contenus et opérateurs TV, télécoms et plateformes de diffusion. La société fait état de 125 clients, comme Orange, Bouygues Telecom, HBO, Telecom Italia, Mola TV, Disney + ou Deutsche Telekom. Broadpeak veut aujourd’hui toucher les nouveaux acteurs de ce marché, comme les nouveaux médias du monde de l’entreprise, du sport ou du divertissement. Pour ce faire, elle a lancé, en janvier 2022, une plateforme SaaS. 5 à 6 millions d’euros ont déjà été investis pour promouvoir Broadpeak.io avec de premiers modules et 6 millions d’euros seront encore mobilisés pour l’enrichir. 8 millions d’euros seront également investis sur les volets commerciaux et marketing. Aujourd’hui, Broadpeak réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’international, dans 50 pays, dont 21 avec une présence directe. Notons que 38 % de son activité se fait aux États-Unis.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous vous adressez à des entreprises qui demandent du streaming de haute qualité. Il y a plusieurs hypothèses. On peut faire du streaming pour le plus grand nombre en baissant la définition, dans le cas d’une conférence par exemple. Mais s'il s'agit d'une chaîne de télévision qui veut transmettre des images d’un point A à un point B, à savoir son centre de diffusion, elle va demander la meilleure qualité possible sans coupures. Enfin, une chaîne de télévision qui distribue son programme vers les box doit avoir le meilleur rapport entre la qualité et le débit. Couvrez-vous cet ensemble ?
Jacques Le Mancq : C’est vraiment cela. Si l'on a un contenu gratuit, à un faible coût, la qualité n’est pas très importante. Si c’est un contenu premium, comme des séries ou des matchs de football, lorsque l’on achète des droits pour plusieurs centaines de millions d’euros, vous imaginez bien que la qualité doit être exceptionnelle. En Italie, nous sommes venus à la rescousse de Telecom Italia, parce qu’il y avait de gros problèmes au démarrage de la saison de football, et nous avons pu améliorer la qualité en septembre dernier. Comme notre technologie permettait d’augmenter la qualité, un débit supérieur a pu être proposé.
Pour le son, il y a eu l’invention du format MP3. Votre métier d’éditeur de logiciels est-il de fabriquer un format de compression vidéo ?
Nous sommes plutôt en aval. Sur la partie compression, on va plutôt trouver des acteurs spécialisés. Le contenu arrive chez nous alors qu’il est déjà compressé et nous nous assurons de la distribution dans le réseau en veillant au maintien de la qualité du contenu. Quand il y a des événements à très forte audience, comme le football en Italie, si vous avez 1 million d’abonnés, chaque personne va être en connexion directe avec un serveur de l’opérateur. Tout cela a un impact très fort sur les réseaux, qui sont très vite saturés. La qualité peut chuter au point que l’image se gèle et le système devient indisponible. Nous équipons la plate-forme HBO en Amérique latine, avec plusieurs millions d’abonnés, mais aussi Disney +. On assiste à une évolution de ce marché parce que nous avons commencé en 2010 avec de grands opérateurs de télécommunications qui fournissent la télévision sur les box et, depuis 2017, nous accélérons avec de très grandes plates-formes. Maintenant, les podcasts sont de plus en plus disponibles en vidéo sur Spotify. C’est un phénomène très intéressant.