Dépenses publiques : les Français sont encore dans l’illusion de l’argent magique…

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✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes : « La seule chose que nous allons transmettre à nos enfants, ce sont des dettes. »

Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, figure en tête du classement établi par l'association Contribuables associés en fonction du soutien affiché par les députés à des propositions de loi visant à diminuer les dépenses publiques et les impôts. Nous évoquons la faible mobilisation des parlementaires sur cette question, à seulement quelques semaines des élections législatives. Selon Éric Pauget, cela s’explique surtout par le désintérêt des Français, qui pensent toujours que l’État fait pleuvoir du ciel de l’argent magique…


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes numéro un au classement de Contribuables associés en raison de votre implication sur la question de la diminution des dépenses publiques. Pourquoi la droite n’est-elle pas davantage en pointe sur ce thème ?

Éric Pauget : J’ai été classé en première position pendant trois années de suite par Contribuables associés en raison de mon soutien public à des propositions de loi visant à diminuer les dépenses publiques et les impôts. Je vous rappelle que je suis commerçant, j’ai donc une fibre qui me rend particulièrement sensible à la question de la bonne gestion de l’argent public. Je considère que l’argent public n’existe pas : le seul argent qui existe, c’est celui du contribuable. Je dis cela en tant que commerçant qui paie ses impôts. Concrètement, je crois que c’est une marque de différenciation pour la droite républicaine, vis-à-vis de la majorité, de la gauche, mais aussi de l’extrême droite, puisque Marine Le Pen propose la retraite à 60 ans. Tout ce petit monde semble oublier qu’il s’agit quand même de l’argent du contribuable ! Effectivement, ces notions globales de maîtrise de la dépense publique, de lutte contre le gaspillage de l’argent public ou de baisse des impôts sont des sujets sur lesquels la droite devrait être aux avant-postes. Regardez ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières années, avec l’argent facile et la distribution des chèques à tout-va... Je ne comprends pas que mes collègues députés, peu importe leur sensibilité, n’ouvrent pas les yeux. La seule chose que nous allons transmettre à nos enfants, ce sont des dettes. J’espère que ce sera une thématique lors de la campagne des législatives.


Beaucoup de gens ne paient pas d’impôts et il y a maintenant la retenue à la source pour les autres : tout cela ne rend-il pas plus indolore la pression fiscale ?

Il y a effectivement cet aspect, mais il y a aussi quelque chose de dévastateur : le fameux « quoiqu’il en coûte » a servi d’amortisseur, on a pu éviter des drames mais, en même temps, on a instillé dans la tête des Français que l’argent public c’est de l’argent magique. Si l'on remonte aux 35 heures, en additionnant un État-providence de plus en plus fort, maintenant le « quoiqu’il en coûte », pour les jeunes générations, ce n’est pas forcément un service. On est en train de se couper d’une valeur fondamentale, c’est-à-dire la nécessité de faire des efforts, puisque la sphère publique est toujours là et c’est quelque chose de très pernicieux. Je crois vraiment que les artisans, les commerçants ou les professions libérales ont conscience de tout cela, mais pas le grand public. Lorsque je parle de la dette, les gens entendent les chiffres, mais comme ce n’est pas quelque chose qui a une incidence dans leur vie quotidienne, ils ne perçoivent pas tout ce que cela engendre. Il y a aussi ce côté très égoïste qui consiste à dire que les futures générations vont se débrouiller avec ces dettes. Les gens ne sont plus du tout dans la démarche intellectuelle qui consisterait à se demander d’où vient cet argent car, malgré le confinement, tout le monde a pu continuer de vivre avec de l’argent qui tombait du ciel…

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