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Le coworking à l’heure de la reprise
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Knight Frank dresse le bilan du marché du coworking en Ile-de-France. Après cinq années de forte expansion, le marché du coworking avait connu un coup d’arrêt brutal en 2020 en raison du déclenchement de la crise sanitaire. « L’épidémie de Covid-19 et la nécessité de « digérer » le nombre important de m² pris à bail en cinq ans ont brutalement interrompu l’expansion galopante des opérateurs de coworking. En 2020, ces derniers n’avaient ainsi loué que 41 500 m² de bureaux en Ile-de-France contre un pic à 186 000 m² en 2019 » indique Guillaume Raquillet, directeur de l’agence Bureaux chez Knight Frank France. Autre contrecoup de la crise sanitaire, certains opérateurs ont libéré des surfaces, mais dans des proportions bien plus modestes que ce qui a été constaté dans d’autres grandes villes mondiales, comme New York. Malgré la force du choc subi en 2020, le coworking a repris sa marche en avant dès 2021 et la fin du troisième confinement : les espaces de coworking se sont de nouveau remplis et leurs opérateurs ont progressivement réamorcé leur expansion immobilière.
Près de 64 000 m² ont ainsi été loués sur l’ensemble de 2021 en Île-de-France, soit une hausse de 54 % par rapport à 2020. Au début de 2022 une nouvelle accélération a été constatée, soutenue par la hausse du nombre total de m² de bureaux pris à bail par les acteurs du coworking et le retour des grandes transactions. Paris concentre toujours la très vaste majorité des surfaces de bureaux louées aux opérateurs de coworking. « Paris représente les trois quarts des volumes pris à bail par les acteurs du coworking depuis 2015 en Ile-de-France, dont une part importante de 40 % dans Paris QCA. La tendance s’est même accentuée depuis le début de la crise sanitaire, la part de Paris atteignant 80 % en 2021 et même 91 % au 1er trimestre 2022 » explique Guillaume Raquillet. La Défense et le Croissant Ouest représentent quant à eux 22 % des volumes pris à bail par des opérateurs de coworking en Île-de-France depuis 2015. D’autres opérations significatives sont en cours de négociation, confirmant le retour des opérateurs de coworking sur le devant de la scène.
La demande accrue de flexibilité des entreprises, les attentes de plus en plus élevées en matière de services et la mise en place d’organisations hybrides intégrant davantage de travail à distance permettent indéniablement aux grands acteurs du coworking et du flex office de faire valoir leurs solutions immobilières. « Plusieurs d’entre eux profitent également de la demande soutenue des entreprises de la Tech. Celles-ci sont en effet très consommatrices d’espaces de coworking dans le centre de Paris, qui leur permettent d’absorber leur forte croissance mais aussi d’offrir à leurs collaborateurs une expérience de travail très qualitative sur fond de difficultés accrues de recrutement » souligne Guillaume Raquillet. Enfin, si les 1ère et 2e couronnes restent pour l’instant assez peu concernées par le phénomène du coworking avec très peu de grandes transactions ou de prises à bail de taille intermédiaire, la crise sanitaire et le boom du travail à distance se traduiront sans nul doute à terme par l’accélération du développement de tiers-lieux au plus près des lieux de résidence des salariés.
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