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Logement : quelles priorités pour le nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron ?
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Danielle Dubrac, présidente de l’Unis : « Il faut s’interroger sur le loyer qui est proposé et, à loyer égal, il faut que le bailleur privé ou le bailleur social puisse bénéficier des mêmes aides. »
L’Unis (Union des syndicats de l’immobilier) est la première organisation de professionnels de l’immobilier qui représente tous les métiers du secteur : agents immobiliers, mandataires indépendants, gestionnaires locatifs, administrateurs de biens, experts, promoteurs-rénovateurs. Partout en France, les 6 000 entreprises affiliées à l‘Unis (indépendants, réseaux et groupes), 22 000 salariés et 25 000 mandataires, font le choix de rejoindre une communauté de vision et de mettre en pratique une approche différente de l’immobilier : éthique, experte, engagée, afin de remplir pleinement leur rôle de conseil et de tiers de confiance auprès des Français. L’Unis accompagne ses adhérents dans l’exercice de leur métier, en leur offrant une formation initiale et continue, de qualité, et met également à leur disposition un conseil juridique pertinent qui prend en compte les dernières évolutions réglementaires et numériques.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelles sont vos attentes pour ce nouveau quinquennat ? La loi Climat figure-t-elle au centre de vos préoccupations ?
Danielle Dubrac : Le quinquennat commence avec de nombreuses crises, puisqu’il y a la question du prix de l’énergie. Face à cela, la réponse de l’État a été la bonne à travers la mise en place d’un bouclier tarifaire. L’Unis est attentive au projet de loi sur le Pouvoir d’Achat, pour pérenniser des mesures conjoncturelles tout en mettant en place des mesures plus structurelles. Car l’inflation touche par effet domino l’intégralité des secteurs marchands : le prix des matières premières va surenchérir le prix des constructions et des travaux. L’inflation des charges, notamment pour le chauffage, pèse sur l’équilibre des copropriétés. L’indice des loyers, en avril, reste en dessous de l’inflation ou de la hausse des salaires, et le prochain indice, en juillet, est source d’inquiétude. Enfin, il y a la poursuite du durcissement des conditions de prêts, avec un calcul affiné de la capacité à supporter le reste à charge : c’est une contrainte supplémentaire pour les ménages qui veulent emprunter. Maintenant, pour répondre à votre question, la loi Climat reste un objectif à court et long terme, et chaque jour qui passe à gérer des crises, c’est un jour de perdu dans le prévisionnel des objectifs de cette loi Climat. Le vrai sujet est d’articuler le coup de pouce conjoncturel à une soutenabilité structurelle.
Certains estiment que puisque le calendrier des travaux obligatoires n'est pas tenable, le gouvernement pourrait revenir en arrière. Qu’en pensez-vous ?
Chacun ne peut que s’accorder à l’objectif final d’être énergétiquement propre en 2050. Personne ne remet en cause cela, ce n’est pas notre demande. Entre maintenant et 2050, il y a un certain nombre d’échelons intermédiaires. Et là, nous constatons que le calendrier français est légèrement différent des préceptes européens. L’Europe dicte un standard « E » pour 2033, alors qu’en France c’est « D » pour 2034. Par ailleurs, en France, la loi Climat considère qu’un logement énergétiquement peu performant est indécent. Sa définition progresse avec l’étiquette énergétique.