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Locations meublées : les rendements progressent de 7 % en un an à Paris.
IMMOBILIER
✍️ Par Nicolas MIGUET
Des loyers en hausse de 4,4 % en 2021, un taux de remplissage de 97,7 % au 1er trimestre 2022 et un rendement locatif en progression de 7 % entre le 1er trimestre 2021 et le 1er trimestre 2022 : Book A Flat, expert de la gestion locative meublée à Paris, note un net regain d’intérêt des locataires pour les appartements meublés. Une situation favorable aux propriétaires bailleurs qui bénéficient, par ailleurs, d’une fiscalité particulièrement attractive. Cette progression du rendement locatif vise toutes les typologies de biens, du studio à l’appartement familial, et ce, quel que soit l’arrondissement. Une bonne nouvelle pour les bailleurs qui bénéficient déjà d’avantages fiscaux ; ces derniers, précisons-le, ne rentrant pas dans le « plafonnement des niches ».
En régime réel, le bailleur en meublé peut déduire de ses recettes pratiquement toutes les charges engagées dans l’année (travaux, intérêts d’emprunt, assurances, taxe foncière, honoraires de gestion locative…). Il a aussi la faculté d’amortir le bien et le mobilier, ce qui lui permet de neutraliser la fiscalité sur ses loyers pendant de nombreuses années. Le meublé a traditionnellement été recherché pour faire face à des situations temporaires, comme des changements professionnels ou familiaux. « Nous observons aujourd’hui un nouvel intérêt pour ces logements meublés, qui permettent aux locataires d’avoir un appartement clés en main, sans dépenses à prévoir pour le mobilier. Au sujet de la décoration, notre travail de conseil auprès de nos propriétaires est plus que jamais important, car c’est ce qui fait la différence, auprès des millenials et de la clientèle plus jeune notamment », explique Stanislas Coûteaux, fondateur de Book A Flat.
Autre bonne nouvelle pour les propriétaires bailleurs de biens haut de gamme : après deux années de crise sanitaire, durant lesquelles la clientèle étrangère avait déserté la capitale, on observe depuis fin 2021 un retour à la normale. On compte, aujourd’hui, 64 % de locataires étrangers contre 55 % en 2021 et 44 % en 2020. « Cette clientèle est composée d’étudiants de grandes écoles, de représentants de grandes sociétés en France et de locataires d’un pied à terre. Les beaux appartements meublés les attirent particulièrement, car ils facilitent leur installation ». La durée moyenne de séjour est passée de 18 mois en 2021 à 20 mois aujourd’hui ; la vacance locative s’en trouve d’autant plus réduite et assure ainsi des revenus continus aux propriétaires. Le volume de départs n’a logiquement jamais été aussi faible, chutant de 21 % en un an, tandis que le nombre de logements remis sur le marché diminue.
Cependant, ce répit pourrait n’être que de courte durée… En effet, la Loi Climat et Résilience du 22 août 2021 prévoit d’éliminer progressivement les « passoires thermiques » du marché. Des dispositions vertueuses mais qui pourraient avoir d’importantes conséquences pour les bailleurs… et les locataires. « Au vu des mesures et aides actuelles, il est fort à parier que beaucoup de propriétaires et de syndics ne pourront pas effectuer les travaux nécessaires dans les temps. Ce qui aurait des conséquences désastreuses sur l’offre locative, en retirant purement et simplement du marché des milliers de logements. Et ce, alors même que la construction de nouveaux appartements dans la capitale n’est pas suffisante. Où iront ces locataires ? On risque d’être confronté à une crise du logement à Paris dans les prochaines années », alerte Stanislas Coûteaux, qui conclut en expliquant que « cette pression sur les propriétaires au sujet de la rénovation énergétique n’est pas tenable ainsi. Il est primordial que la loi évolue, car que ce soit au niveau des aides, ou du calendrier, les acteurs immobiliers ont besoin d’y voir plus clair, afin d’assurer leur service d’accompagnement des propriétaires ».