Un maire réclame la transparence sur les essais nucléaires de l’État dans sa commune.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN

Damien Girard, maire de Pontfaverger-Moronvilliers (Marne) : « Le CEA a reconnu les faits sur l’Algérie ou sur Mururoa, mais il ne veut pas reconnaître les faits en France métropolitaine ! »

Damien Girard, maire de Pontfaverger-Moronvilliers, dans la Marne, vient d’attaquer l’État via le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour que soit retiré le secret défense autour d’un site appartenant à l’armée, où le Commissariat à l’énergie atomique a réalisé des expérimentations pendant plusieurs années. En effet, jusqu’en 2013, des détonateurs de bombes atomiques ont été testés à Pontfaverger-Moronvilliers. Ces essais consistaient à éprouver les détonateurs. Or, le maire estime que cette activité a pu polluer le site. Il voudrait que l’État reconnaisse la radioactivité des sols et procède à leur dépollution.


L’Hebdo-Bourseplus : Que s’est-il passé dans votre village ?

Damien Girard : Le Commissariat à l’énergie atomique est venu en 1957 pour faire des recherches sur la bombe nucléaire. La première bombe nucléaire qui a explosé en Algérie a été expérimentée chez nous, bien sûr en retirant le plutonium, mais toute la mise à feu a été faite chez nous. Depuis, les sols sont pollués et il y a de la radioactivité. Je suis originaire du village et quand j’étais gamin, on voyait de grosses explosions, avec un champignon qui montait dans le ciel. Il y en avait une ou deux par semaine.

Après, il y a eu quelques tirs souterrains et ils ont fait des tirs en cuve au cours des dernières années. Les tirs se faisaient avec la bombe nucléaire, mais sans le plutonium évidemment, avec de l’uranium et beaucoup d’autres produits sur un terrain de 500 hectares. Les déchets sont malheureusement partis dans les bois. Aujourd’hui, on se bagarre surtout sur la centaine de puits qu’ils ont faits et nous avons cinq ogives, qui représentent 2,7 tonnes d’uranium, qui n’ont pas explosé. Il y a des fuites et tout cela part dans la nappe phréatique.


On peut comprendre que l’État fasse des essais nucléaires, mais vous souhaitez que les faits soient reconnus…

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