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Les tendances en matière d’investissement dans les jeunes pousses.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis de Yannick URRIEN
Claude Calmon, président de Calmon Partners Group : « Dès que cela devient un peu trop important, cela part aux États-Unis ou en Asie. »
Calmon Partners accompagne les entrepreneurs et les structures de croissance en les aidant, dès les premières étapes du projet, jusqu’à la sortie. Claude Calmon, fondateur de Calmon Partners Group, spécialiste des sujets private Equity, fait le point sur les tendances en matière d’investissement dans les jeunes pousses.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes présents à New York, Londres, Dubaï et Paris, vous avez donc une vision transversale des attentes. Les tendances d’investissement sont-elles les mêmes dans le monde entier, ou observez-vous des différences selon les régions ?
Claude Calmon : Depuis les crises - la crise sanitaire et maintenant la guerre entre la Russie et l’Ukraine - on voit des choses différentes. Aux États-Unis, ce n’est pas la même chose qu’en Europe, par exemple. Sur les points communs, on observe une explosion des sujets digitaux depuis la crise sanitaire, avec la digitalisation des commerces, mais aussi de nouvelles pratiques sur Internet. Tout ce que l’on fait chez soi, comme le jardinage, est revenu à la mode, mais aussi tout ce qui tourne autour du télétravail. À Dubaï, il n’y a pas eu autant de vagues de confinement, les gens étaient tout le temps dehors, donc c’est un marché normal. En matière d’investissement, c’est plutôt une question de culture. Aux États-Unis, vous retrouvez les plus gros investisseurs, avec de très grosses opérations, mais ils s’intéressent aussi à ce que nous faisons en France.
Si vous regardez les levées de fonds, notamment les plus importantes, dès que l’on arrive à un certain niveau de valorisation, au-dessus de 40 millions, vous avez quasi systématiquement des fonds américains. Nous avons investi il y a quelques années dans une entreprise qui fait de l’intelligence artificielle appliquée à la finance. Tout a été géré entre investisseurs français jusqu’à ce que l’on arrive à une valorisation importante et l'on a vu à ce moment-là de très gros fonds arriver. Les prochaines levées vont s’orienter vers le marché américain, qui est très friand de ce type de solution.
Donc, dès que cela devient un peu trop important, cela part aux États-Unis ou en Asie. Au-delà des secteurs d’activité, les différences se font sur les tailles d’opérations. Si vous prenez la France, vous pouvez lever des fonds auprès de différents réseaux locaux, mais aussi auprès de la BPI, qui est un outil fantastique. Mais, très vite, vous avez des acteurs internationaux, européens ou américains, qui viennent chercher des technologies ou des savoir-faire.