Afrique : la crise russo-ukrainienne pourrait être une occasion à saisir.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 avril 2022 (numéro 1.136) : “ L’Etat de la France en 2022, bilan de 10 ans Hollande-Macron ”. Bonne lecture !!!

L’Afrique, aujourd’hui, c’est un vrai problème lié aux céréales importées. Depuis plusieurs années, l’Afrique va mieux, et elle a une bien meilleure autosuffisance alimentaire, malgré sa démographie toujours très forte, que par le passé. Ceci dit, si l’on prend les chiffres de 2020, sur 108 millions de tonnes de maïs consommées en Afrique, 19 % venait de l’extérieur. Pour le blé, c’est beaucoup plus significatif encore puisque pour 72 millions de tonnes consommées, 65 % furent importées, dont des importations en provenance de la Russie et de l’Ukraine, mais aussi de France.

Dans le riz, 40 millions de tonnes ont été consommées en 2020, sont 40 % importés. Dans les céréales locales, le sorgho, le mil, le fonio, la part des importations est ridiculement faible. Au fur et à mesure de la diversification de son alimentation, l’Afrique est plus dépendante des importations, surtout en ce qui concerne le blé panifiable ou celui qui sert pour la semoule, pour les pâtes alimentaires. En Afrique de l’ouest, la consommation de riz est montée de 1,6 million de tonnes en 1960 à 6,9 millions de tonnes en 1990 puis 11 millions de tonnes en 2000 et encore 20 millions de tonnes en 2010. On est actuellement dans un chiffre compris entre 26 et 28 millions de tonnes consommées chaque année.

La production locale est déjà en hausse.

pBien évidemment, la production locale, même s’il y a des possibilités de croissance des rizières ouest-africaines, ne permet pas de faire face à l’explosion des besoins puisque la part des importations, qui n’était que de 33 % de la consommation en 1970 est montée à 42 % en 2010. L’essentiel des importations vient de Thaïlande, d’Inde et du Vietnam. L’Afrique ne reste pas les bras croisés. Alors que le Sénégal ne produisait que 100.000 tonnes de riz en 1990 pour 500.000 tonnes consommées, en 2020, la production locale a été de 900.000 tonnes pour 2,1 millions de tonnes consommées. La production a été multipliée par neuf, la consommation a été multipliée par quatre.

Les céréales indigènes tels que le sorgho, le mil ou le fonio sont rustiques, riches en nutriments, elles résistent au climat semi-aride voire aride et ont des besoins en eau beaucoup plus limités que pour la production de riz. Elles sont très résilientes. Elles sont moins à la mode car le travail du grain est beaucoup plus fastidieux et il n’y a pas de mécanisation de la chaîne de production. Les variétés nouvelles n’existent pas car la recherche scientifique se concentre sur le blé, le maïs, accessoirement le riz, certainement pas sur le sorgho ou le mil. Les gouvernants africains se tournent vers les importations de blé, de riz ou de maïs tout simplement parce que c’est accessible toute l’année, et ils sont souvent importés sous forme de produits déjà transformés, faciles à cuisiner, telles que des farines.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.