⟵ Retour
Les investisseurs rassurés par l’aspect classique de l’affrontement.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
APICIL AM dresse le bilan du premier mois de guerre en Ukraine en soulignant que les investisseurs sont rassurés par l’aspect classique de l’affrontement : « Tout d’abord il apparaît clairement que la Russie a sous-estimé l’ampleur de la mobilisation internationale de même qu’elle a surestimé sa capacité militaire à mener une guerre éclair en Ukraine. Loin d’accueillir les soldats russes les bras ouverts comme l’espérait le Kremlin, les Ukrainiens organisent une résistance héroïque. Dès lors, la Russie est obligée de revoir ses plans et fragilisée par des pertes que l’on estime à 20 % (soldats et matériels), l’armée russe a décidé de concentrer son action sur l’est du pays avec comme objectif prioritaire la chute du port de Marioupol. La stratégie russe est semble-t-il de constituer un continuum entre la Crimée et les régions indépendantistes de l’est afin de pouvoir se présenter en position de force lors des négociations. Finalement, le principal enseignement de cette première phase du conflit est que la Russie semble faire preuve d’un certain pragmatisme qui l’amène face aux difficultés rencontrées sur le terrain à rechercher la négociation là où, début mars, la rhétorique nucléaire maniée par le Kremlin avait pu susciter un certain effroi. »
Dans ce contexte, « rassurés par l’aspect classique de l’affrontement, les investisseurs ont repris leurs esprits et les indices actions ont progressé avec en toile de fond l’absence d’alternative aux actions dans un contexte de déprime du marché obligataire. Le pire semble donc pouvoir être évité, mais pour autant la facture s’annonce salée sur le plan économique et tout particulièrement en Europe. Au-delà de l’impact sur la disponibilité et le prix des matières premières sur lesquels beaucoup a déjà été écrit, l’impact sur la confiance des acteurs économiques est peut-être encore plus important. Si les enquêtes d’activité PMI menées en mars auprès des chefs d’entreprise ont rassuré, les enquêtes portant sur le moral des consommateurs en zone euro ont montré une rapide montée du pessimisme comparable en niveau à celui observé pendant la 1ère phase du Covid. »
Déjà fortement impacté par la hausse de l’inflation, le conflit ukrainien est venu accentuer l’inquiétude des consommateurs européens indique APICIL AM : « Le risque d’un repli de la consommation des ménages européens au premier trimestre est donc très élevé. Si l’on prend le cas de la France, après une baisse de -2 % en janvier, la consommation avait légèrement rebondi en février (+0.8 %). La confiance des ménages français s’est depuis dégradée de 6 points en mars (à 91 au même niveau qu’en mai 2020) laissant présager une consommation en berne pour la fin du trimestre. Pour la suite, tout dépendra des développements du conflit, mais encore davantage de l’évolution de l’inflation, le pouvoir d’achat étant devenu la préoccupation principale des Français. Sur ce plan, l’inflation devrait continuer à progresser au moins jusqu’en juin du fait d’un effet de base positif sur les prix de l’énergie. Malgré tout, les investisseurs actions ne semblent pas manifester d’inquiétude excessive au sujet de l’évolution de la croissance. Même le nouveau volontarisme des banques centrales occidentales pour lutter contre l’inflation n’inquiète pas outre mesure. »
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.