Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Les marchés actent la fin du conflit mais zappent la hausse des taux !

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

En revenant au-dessus de leurs niveaux respectifs d’avant le 24 février, date de l’invasion de l’Ukraine par l’armée Russe de Poutine, les places boursières internationales actent à leur manière la fin du conflit et anticipent un retour progressif à la normale. Cependant, rappelons tout de même qu’avant l’éclatement de cette guerre, les marchés baissaient déjà sous l’influence de la très forte recrudescence de l’inflation et la nécessité pour les Banques Centrales d’inverser totalement leurs politiques monétaires, jusque-là extrêmement favorables aux marchés actions. Leurs opérations d’achats massifs d’actifs sur les marchés s’arrêtent désormais ou sont sur le point de l’être selon les régions du Monde. Des programmes de hausse des taux directeurs sont lancés et seront suivis plus tard par la remise sur les marchés des éléments stockés dans les bilans des Banques Centrales tout au long des programmes de soutien « SE », « PAPP » et consorts. Ces institutions n’ayant pas vocation à les conserver indéfiniment dans leurs bilans car il s’agit, en théorie du moins, d’une variable d’ajustement à utiliser en phases de crises uniquement. Pendant la crise géopolitique Ukrainienne, les cours du pétrole et des matières premières agricoles de première nécessité ont encore flambé, alimentant la poursuite de la hausse de l’inflation. Les marchés obligataires ont parfaitement intégré la nouvelle donne avec l’émergence d’une forte tendance haussière sur les taux du marché aussi bien sur le « 2 ans » que sur le « 10 ans ».

Aujourd’hui, le contrat « Future » sur le panier « Notionnel » des Emprunts Assimilables du Trésor (« OAT ») fait ressortir des taux à 1,081 % ! Comparé aux taux négatifs auxquels l’Etat Français se refinançait il y a quelques mois seulement, cela représente un véritable séisme obligataire en valeur absolue. La charge annuelle d’intérêt rapportée au montant total de la dette qui est actuellement de 2.619 milliards d’euros ressort d’ores et déjà à plus de 28 milliards d’euros qui, au passage, ne sont budgétisés nulle part. Dans le secteur privé, la hausse des charges financières est encore plus forte avec des taux de financement nettement plus élevés que ceux des « OAT ». Tous les pays sont impactés à l’instar de la France. Une partie croissante des bénéfices futurs des entreprises sera avalée par les intérêts sur leurs propres dettes puis celles des Etats à travers les impôts futurs à prélever. Dans le même temps, la croissance est fortement menacée par l’inflation et par le haut niveau d’utilisation des capacités de production des entreprises. Il est difficile dans ces conditions d’envisager une poursuite de la hausse des marchés actions alors que les niveaux des records historiques se rapprochent à nouveau. Cependant, à court terme, des éléments purement techniques seraient encore susceptibles d’alimenter la formation d’une nouvelle bulle spéculative. Si les algorithmes et les robots détectent une trop forte présence vendeuse à découvert, ils seraient tentés d’exploiter des situations de « corner » à la fois sur certains titres et sur les indices via les contrats sur « Futures ».

Aujourd’hui, tous les gros « banksters » possèdent leurs propres robots et ont de moins en moins recours aux traders humains dont ils font l’économie du coût de la masse salariale et autres primes. Voilà pourquoi, il ne faudrait pas non plus écarter la possibilité de voir les indices boursiers flamber dans le vide sidéral pour retomber encore pus lourdement. Sur le plan graphique, après avoir formé un pic à 6.830 points au cours de la séance euphorique du mardi 29 mars, l’indice Cac 40 revient au niveau de sa nouvelle zone de résistance horizontale majeure de 6.750 points représentée par l’élément technique du « Point pivot mensuel » qui est extrêmement suivi par les traders et les algorithmes. Au-dessus, la zone de résistance suivante se situe autour de 6.910 points où passe désormais la ligne de résistance du canal baissier à moyen terme. A la baisse, les niveaux de soutien les plus significatifs se trouvent à présent vers 6.685 points, 6.545 points et 6.400 points.

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