Encore une affaire de plainte pour des cloches qui sonnent !

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Claude Sans, maire de Saint-Amans (Ariège) : « Les cloches qui sonnent, c’est notre culture, c’est le patrimoine de la commune. »

Les cloches de l’église de Saint-Amans, un village de l’Ariège, sont au cœur d’un conflit entre le maire de la commune et deux administrées. Ces dernières ne supportent plus la sonnerie des cloches et menacent de porter l’affaire en justice. Une femme de 52 ans demande au maire de baisser le volume et de supprimer l’Angélus. Une autre veut faire expertiser les décibels avant de porter plainte. En Ariège déjà, en 2019, une habitante de Foix, exaspérée par le bruit des cloches, avait saisi le tribunal administratif. La justice l’avait déboutée, faute d’étude acoustique officielle.


L’Hebdo-Bourseplus : On apprend, via la presse locale, que des gens se plaignent du son des cloches de l’église. Il y a beaucoup d’anecdotes similaires en France. Quelle est votre situation ?

Claude Sans : Je vais vous expliquer notre cas. Il y a une personne qui se plaint du bruit des cloches, mais c’est un cas particulier parce que cette personne a un handicap mental. Elle se plaignait il y a quelques mois de l’aboiement d’un chien, elle a porté plainte, les gendarmes sont venus, mais ils n’ont jamais entendu le chien aboyer et puis, après, c’était le chien de quelqu’un d’autre. Cette personne a multiplié les incivilités, notamment en déposant des tas de bois sur la voie publique. Il y a une autre personne qui est venue l’aider tout au long de l’hiver et, à partir de là, il y a eu ce courrier à La Dépêche du Midi. Cela a fait le buzz…

Mais, dans tout le village, personne ne se plaint des cloches. Cette personne est bien du village, elle est née là, mais elle ennuie tout le monde et on ne peut rien y faire. J’ai évoqué ce sujet avec la préfecture : on m’a expliqué que le maire de Foix avait été interpellé par une personne qui entendait le bruit des cloches et le maire a été obligé d’interrompre les sonneries la nuit. Il ne faut pas exagérer : dans mon village, il y a trois Angélus par jour et les heures. Donc, ce n’est pas excessif, ce n’est pas chaque quart d’heure. Les gens qui se plaignent devraient aller habiter en ville, car là c’est vraiment bruyant. Pourtant, les cloches qui sonnent, c’est notre culture, c’est le patrimoine de la commune.


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