Des pièces de puzzle qui s'emboitent

La guerre s'invite au c"ur de l'Europe : l’étude d’APICIL Asset Management.

ANALYSE

✍️ Par Yannick URRIEN

Selon APICIL Asset Management, « notre système de pensée occidental nous a trompé dans la manière d’appréhender la crise ukrainienne. La pensée rationnelle fondée sur les avantages/inconvénients pour la Russie d’une intervention en Ukraine a conduit la majorité des investisseurs à croire qu’il n’était pas dans l’intérêt russe d’ouvrir une crise internationale de cette ampleur. Cette analyse basée exclusivement sur des considérations économiques faisait fi des logiques internes propres à la Russie et surtout à son système de gouvernement.

Obnubilé par la place de la Russie dans le monde, Vladimir Poutine a fait de la reconquête de l’honneur perdu de l’URSS sa priorité tout au long de son règne commencé maintenant il y a plus de 20 ans. Avec un budget de l’armée correspondant à 4,5% de son PIB (contre moins de 2% pour les pays européens) et des interventions militaires depuis 20 ans (Géorgie, Syrie, Ukraine, sans compter les multiples interventions non officielles en Afrique), comment croire que les 190 000 soldats russes massés aux frontières ukrainiennes constituaient du bluff ? » Sur le plan économique, « les bourses ont immédiatement chaviré craignant à la fois les conséquences économiques pour la croissance mondiale et l’escalade vers un conflit de plus grande ampleur.

Sur ce dernier point l’annonce de pourparlers significatifs entre les deux parties annoncées le 9 mars a grandement soulagé les investisseurs qui y ont vu l’amorce d’une solution de paix et donc la diminution du risque d’élargissement du conflit. Il s’agit bien entendu d’un calcul à court terme. » En effet, « l’ambition de Vladimir Poutine de reconstitution d’un Empire russe ne se limite pas à ces territoires d’Ukraine mais peut potentiellement s’étendre jusqu’en Pologne. Il n’est d’ailleurs pas exclu que Poutine, à un certain moment, essaye de « tester » la solidarité de l’OTAN et son principal pourvoyeur, les États-Unis. Le mythe de la troisième Rome, né après la chute de Constantinople en 1453 reste bien réel en Russie. »

Sur le plan économique, on peut craindre un impact significatif de la crise actuelle : « Nous révisons à la baisse de -0,5% notre prévision de croissance mondiale (à 3,7%) et de -1% la croissance de la Zone euro (à 3%), mais nous excluons à ce stade tout risque de récession. Le choc énergétique sera rude et dépendra dans son ampleur de ce qui sera décidé par les gouvernements européens sur la poursuite ou non des importations de gaz russe. Ce choc pourra toutefois être en partie compensé par des mesures de prise en charge gouvernementale et par le taux d’épargne des ménages constitué pendant la crise du Covid-19. L’impact le plus important sera, comme toujours, celui sur la confiance des ménages et des entreprises. La longueur de la crise décidera de l’ampleur du choc économique à venir. »

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