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L’ancien conseiller de Gorbatchev, qui a vécu la chute de l’URSS, analyse la stratégie de Vladimir Poutine.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Christian Mégrelis : « L’opinion publique russe, qui était contre la guerre au début, est en train de changer. Et c’est ce qui est le plus embêtant. »
Mikhaïl Gorbatchev s’était entouré d’un seul étranger pour le conseiller : le Français Christian Mégrelis, qui était en charge des questions économiques dans le cadre de la perestroïka. Christian Mégrelis avait un bureau au Kremlin et il a vécu en direct l’effondrement de l’URSS lors du coup d’État d’août 1991. Il a également côtoyé Vladimir Poutine à cette époque. Depuis, Christian Mégrelis a toujours conservé des contacts étroits avec la Russie.
Christian Mégrelis, X, HEC, Sciences Po, est chef d’entreprise, essayiste et écrivain. Après quelques années au ministère de la Défense, il s’est orienté vers les marchés internationaux en 1970. Son groupe est installé en Russie depuis 1989. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages publiés aux États-Unis, en France et en Asie sur la géopolitique, les relations internationales et le christianisme.
« Le naufrage de l’Union soviétique : choses vues », de Christian Mégrelis, est publié chez Transcontinentale d’édition.
L’Hebdo-Bourseplus : En faisant une synthèse de ce que disent les commentateurs, on retient que Vladimir Poutine a la nostalgie de la grande Russie et qu’il veut prendre sa revanche sur la chute de l’URSS. Qu’en pensez-vous ?
Christian Mégrelis : Je pense que c’est une idée fixe de Vladimir Poutine, qu’il s’est forgée depuis son enfance, puisqu’il a déclaré que la fin de l’URSS était une catastrophe géopolitique. On est d’accord ou non mais, en tout cas, c’était son idée et cela ne l’a pas lâché. Lorsque la Géorgie a commencé à vouloir son indépendance, il a saisi deux territoires, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, qu’il a toujours en gestion. Ensuite, la Biélorussie s’est rangée sous son panache, sans difficulté, alors il l’a laissée telle qu'elle était. Il restait l’Ukraine. Dans l’Ukraine, il y a la partie des territoires russophones qui, pour lui, étaient comme une épine dans la chair, en particulier la Crimée, qui n’avait appartenu que quelques dizaines d’années à l’Ukraine, puisqu’elle avait été réunie à l’Ukraine par un trait de plume à l’époque de Khrouchtchev. Khrouchtchev voulait être élu secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique et il avait besoin des voix du parti communiste ukrainien.
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