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Barnes analyse les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’immobilier haut de gamme.
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Gel des réserves financières des banques russes en Europe et aux États-Unis, blocage des accès de la banque centrale russe au marché des capitaux, exclusion du système Swift, avoirs des personnalités de premier plan gelés… Les sanctions financières de l’ensemble de la communauté internationale à l’égard de la Russie, en réaction à l’invasion de l’Ukraine, sont sans précédent et ont profondément déstabilisé le rouble. Dans un tel bouleversement, il est fort à parier que les investisseurs russes chercheront de nouvelles contrées pour préserver leur patrimoine.
Barnes indique dans une étude que dans un contexte de chute libre du rouble et de ruée vers les banques, les acquéreurs russes fuient également l’immobilier dans leur propre patrie : en une semaine, 80 % des transactions à la vente ou à l’achat ont été annulées, le reste repoussé. Barnes Moscou note également une hausse des demandes d’investissement sur place pour loger les liquidités dans des actifs solides : « Les Russes ont massivement investi dans l’Or physique, les crypto-monnaies, et devraient investir dans l’immobilier une fois les combats interrompus », observe Thibault de Saint Vincent, président de Barnes.
Les Russes peu présents dans l’immobilier en France.
Le propre des sanctions occidentales est qu’elles frapperont également les avoirs des Russes à l’étranger : « Au niveau international il est encore trop tôt pour faire un diagnostic précis, mais les biens des Russes vont être massivement mis en vente en Europe de l’Ouest. Ils regarderont désormais Dubaï, la Turquie, l’Asie et éventuellement l’Afrique pour réaliser leurs investissements », analyse Thibault de Saint Vincent. Dans son étude, Barnes souligne que « les années 90, époque à laquelle des milliardaires russes achetaient, à des prix records, des biens d’exception dans le « triangle d’or » parisien et les stations huppées telles qu’Antibes, Courchevel et Megève est révolue. Depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et les premières sanctions contre certains oligarques, les acheteurs russes étaient beaucoup moins présents. Ils ont même complètement disparu avec la pandémie. Ils ont laissé la place aux Français de retour de l’étranger, aux Libanais et, depuis que les frontières sont de nouveau ouvertes, aux Européens (Allemands, Belges et Suisses) et aux Américains du Nord.
La clientèle russe pèse aujourd’hui moins de 0,5 % de nos transactions, soit 7 à 8 transactions par an dans le segment des biens au-delà de 5 millions d’euros. Ce recul de cette clientèle ces dernières années a été si fort que nous avons aujourd’hui plus de vendeurs que d’acheteurs russes en France » explique Thibault de Saint Vincent. Les propos du ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonçant, sur son compte twitter, la « création d’une task force pour repérer l’ensemble des oligarques russes en France, leurs biens et leurs avoirs afin de pouvoir les geler » ne devrait pas, non plus, susciter une vague de cessions. « A ce jour, nous n’avons pas reçu de demande d’information de la part des services fiscaux sur nos clients russes » constate Barnes.
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