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Quel est l’impact de la guerre sur l’agriculture ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Éric Bothorel, député LREM des Côtes-d’Armor : « Il faut affronter les problèmes, sans les fantasmer. »
Éric Bothorel, député LREM des Côtes-d’Armor, a accompagné le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, au Salon de l’Agriculture à Paris. Il s’est longuement entretenu avec des éleveurs porcins sur le stand de l’interprofession Inaporc à propos des répercussions de la crise internationale en Ukraine sur la chaîne agroalimentaire et le commerce extérieur, avec la délicate question du renchérissement du prix des intrants (céréales, gaz). Le parlementaire a rappelé que le risque est essentiellement spéculatif et que la France ne se trouve pas dans une situation de dépendance par rapport à la Russie et l’Ukraine, qui ferait craindre des ruptures d’approvisionnement.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est la situation de dépendance des éleveurs bretons vis-à-vis de la Russie ?
Éric Bothorel : Elle est très hétérogène et la part des échanges avec la Russie n’est pas la même en fonction de la nature des exploitations. Si je prends la zone légumière, qui représente une importante part de la circonscription en termes de production agricole, il y a quelques années encore, la Russie était un partenaire, parce que nous avions un volume qui n’était pas neutre. Pour des raisons historiques de tension avec ce pays - parce que ce n’est pas la première fois qu’il y a un dispositif de réduction d’échanges - ces échanges se sont éteints il y a plusieurs années. Donc, la relation commerciale que certains légumiers pouvaient avoir avec la Russie il y a quelques années est aujourd’hui quasi nulle. L’exportation se fait surtout vers des pays comme la Pologne ou la République tchèque.
Pour autant, la production légumière, cela peut être aussi de la culture sous serres et nous avons bien évidemment des éléments liés à la tarification des énergies, donc du gaz. Il y a donc une interaction sur le côté spéculatif qu’il peut y avoir sur les mouvements haussiers du gaz et nous devons apporter des réponses pour permettre à la production de contenir ces éléments haussiers. Cela ne concerne pas seulement l’agriculture.
Après, vous avez la partie élevage, il y a le sujet de l’énergie, de l’alimentation et des débouchés. De manière directe ou indirecte, si certains pays européens étaient des pays fournisseurs de certains produits d’élevage pour la Russie, pour des questions de proximité géographique notamment, le surplus de production viendrait saturer les marchés qui sont déjà très sollicités. Je pense au marché du porc qui a connu des difficultés, auxquelles l’État n’est pas resté insensible, à travers cette mobilisation financière via les 240 millions qui ont été fléchés à destination de la filière avec un double mécanisme. Il y aura sans doute des sujets nouveaux qui apparaîtront dans les semaines ou dans les mois qui viennent. Le président de la République a clairement dit qu’il y aura des conséquences pour tout le monde et nous essayons de les anticiper.
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