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Coface analyse les conséquences économiques du conflit entre la Russie et l’Ukraine.
ANALYSE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Coface prévoit une profonde récession de l’ordre de -7,5% pour la Russie en 2022, et a dégradé son évaluation du risque pour la Russie à D (très élevé). Les économies européennes sont les plus menacées. A ce stade, Coface anticipe au moins 1,5 point de pourcentage d'inflation supplémentaire en 2022, tandis que la croissance du PIB pourrait être réduite d’un point. Si l’on ajoute à cela une interruption totale des flux de gaz naturel russe, l’impact sur le PIB serait d’au moins 4 points ce qui conduirait à une croissance de l’UE proche de zéro - voire en territoire négatif - en 2022.
L'automobile, les transports et la chimie sont les secteurs les plus vulnérables La crise affecte évidemment le secteur automobile déjà mis à rude épreuve par des pénuries et les prix élevés des composants et matières premières: métaux, semi-conducteurs, cobalt, lithium, magnésium... Les usines automobiles ukrainiennes fournissent les principaux constructeurs automobiles d'Europe occidentale. Certains ont annoncé l'arrêt de leurs usines en Europe tandis que d'autres usines dans le monde prévoient déjà des arrêts de production en raison des pénuries de puces.
Les compagnies aériennes et les entreprises de fret maritime souffriront également de la hausse des prix du carburant, les compagnies aériennes étant les plus impactés. On estime en effet que le carburant représente environ un tiers de leurs coûts totaux. De plus, les pays européens, les États-Unis et le Canada ont interdit aux compagnies aériennes russes d’accéder à leurs territoires et, en retour, la Russie a interdit l'accès de son espace aérien aux avions européens et canadiens. Cela engendrera des coûts plus élevés car les avions devront emprunter des itinéraires plus longs. Enfin, les compagnies aériennes disposent de marges de manoeuvre réduites pour faire face à l'augmentation des charges, car elles continuent de subir une baisse de leurs revenus en raison de la pandémie. Le fret ferroviaire sera également touché : les entreprises européennes n'ont pas le droit de faire appel aux compagnies des chemins de fer russes, ce qui devrait perturber l'activité de fret entre l'Asie et l'Europe, qui transite par la Russie.
Enfin, en raison de sa dépendance au pétrole et au gaz naturel russes, l'Europe apparaît comme la région la plus exposée aux conséquences de ce conflit. Le remplacement de la totalité des approvisionnements de l'Europe en gaz naturel russe est impossible à court ou moyen terme et les niveaux de prix actuels auront un effet significatif sur l'inflation.
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